Berliner Volks-Zeitung - A la peine, l'économie française évite de peu la récession au deuxième trimestre

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A la peine, l'économie française évite de peu la récession au deuxième trimestre
A la peine, l'économie française évite de peu la récession au deuxième trimestre / Photo: Sebastien DUPUY - AFP

A la peine, l'économie française évite de peu la récession au deuxième trimestre

La France a évité de peu la récession au deuxième trimestre, avec une croissance nulle, une mauvaise nouvelle due notamment aux effets des canicules sur la production agricole, qui rend improbable le respect des objectifs du gouvernement pour l'année.

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Le produit intérieur brut (PIB) français est resté stable entre avril et juin, a indiqué vendredi dans ses résultats détaillés l'Insee, qui a révisé en baisse sa précédente estimation (+0,2%).

L'Institut national de la statistique a aussi révisé en baisse ses chiffres pour le premier trimestre, à -0,2%, contre -0,1% avant.

La deuxième économie de la zone euro échappe donc de justesse à la récession technique, qui se caractérise par deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

Ces chiffres révisés sont "le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu", a réagi le ministre de l'Economie Roland Lescure lors d'une intervention aux Universités d'été de l'économie de demain.

"Les récoltes vont sans doute être extrêmement difficiles dans un certain nombre de secteurs, dans un certain nombre de régions", a-t-il ajouté, évoquant "un impact absolument terrifiant, énorme" des épisodes caniculaires à répétition.

- "phase de ralentissement" -

L'Insee a indiqué avoir révisé ses chiffres trimestriels en raison principalement de "la prise en compte de la situation encore plus dégradée de la production agricole par rapport aux informations disponibles fin juillet", lors de sa précédente estimation.

L'impact macroéconomique de ces canicules à répétition et de la sécheresse, "qu'on est en train de découvrir", et qui se fera aussi sentir sur le troisième trimestre, sera "intégr(é)" dans les prévisions économiques de Bercy pour le prochain budget, a déclaré Roland Lescure.

"On va évidemment analyser très finement toutes les conséquences de la révision des premier et deuxième trimestres et on en tirera les conséquences", a renchéri le ministre des Comptes publics David Amiel auprès de l'AFP lors de cet événement.

La révision des chiffres de l'Insee met à mal la prévision actuelle de croissance du gouvernement pour l'ensemble de l'année 2026, de 0,7%, en pleine préparation d'un budget difficile pour 2027.

Pour atteindre ce chiffre, la croissance devrait être de 0,5% sur le troisième comme sur le quatrième trimestre, a indiqué l'Insee. Un résultat hautement improbable compte tenu des effets de la guerre au Moyen-Orient et des canicules sur l'économie.

Les révisions des chiffres de l'Insee sont "une mauvaise nouvelle", a souligné auprès de l'AFP Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. "L'économie française est dans une phase de ralentissement qui est plus forte que d'autres pays européens".

"Pour l'année, la croissance économique sera nécessairement faible", a-t-elle ajouté. "Je ne pense pas qu'on va aller bien au-dessus de 0,5%".

"Seule bonne nouvelle" selon elle au deuxième trimestre, la consommation des ménages a rebondi (+0,3% après -0,3% sur le trimestre précédent), portée par celle de biens fabriqués et de services.

- rebond de l'inflation -

L'investissement, lui, a reculé légèrement au deuxième trimestre (-0,3% après -0,8%). Les exportations sont reparties nettement à la hausse (+2,9% après -3,0%), en particulier dans l'aéronautique, contrecoup d'un mauvais premier trimestre.

L'acquis de croissance - ce que serait la croissance totale annuelle si le PIB n'évoluait plus du tout au second semestre - s'établit à 0,3%, a précisé l'Insee.

"Il y a eu un vrai coup d’arrêt de l’économie française ces six premiers mois" et "les trimestres à venir vont être difficiles", estime l'économiste Mathieu Plane, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

D'autres indicateurs économiques publiés vendredi ne sont pas venus apporter une note vraiment plus réjouissante. L'inflation pour le mois d'août est ainsi montée à 2,4% sur un an, après 2,1% en juillet, tirée par les prix de l'énergie.

Quant à l'emploi salarié, il a connu un très faible recul dans le secteur privé et une stagnation dans le secteur public, avec 23.500 emplois salariés perdus sur le trimestre, selon l'Insee.

Les dépenses de consommation des ménages en France ont, elles, continué leur progression en juillet, de 0,5%, mais portées par le carburant, dont les prix ont rebondi en juillet.

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L.Becker--BVZ