Berliner Volks-Zeitung - Cinq choses à savoir sur DeepSeek, le champion chinois de l'IA

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Cinq choses à savoir sur DeepSeek, le champion chinois de l'IA
Cinq choses à savoir sur DeepSeek, le champion chinois de l'IA / Photo: GREG BAKER - AFP/Archives

Cinq choses à savoir sur DeepSeek, le champion chinois de l'IA

Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a ordonné lundi aux agences gouvernementales de cesser d’utiliser les outils d’intelligence artificielle de DeepSeek, invoquant des inquiétudes concernant le transfert de données vers la Chine.

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Voici cinq choses à savoir sur la startup chinoise d’IA à la suite de ces nouvelles restrictions.

- "Moment Spoutnik" -

DeepSeek a été fondée en 2023 par Liang Wenfeng et est basée à Hangzhou (est de la Chine), ville connue pour sa forte concentration d'entreprises technologiques. Elle a vu le jour en tant que projet parallèle d'un fonds spéculatif qui disposait d'un accès à un parc de puissants processeurs d'IA fabriqués par Nvidia, le géant américain des puces.

DeepSeek a accédé à la notoriété mondiale en janvier 2025, avec la sortie de son grand modèle de langage R1 doté de capacités de raisonnement approfondi. Le défi posé a alors fait chuter les actions de grandes entreprises technologiques aux Etats-Unis et au Japon.

Les spécialistes du secteur ont été stupéfaits par les performances du modèle R1, rivalisant avec celles de ChatGPT (OpenAI) et d'autres chatbots américains de premier plan.

Le capital-risqueur Marc Andreessen a qualifié cet événement de "moment Spoutnik", référence au lancement par l'URSS, en 1957, du premier satellite artificiel, évènement qui avait stupéfié le monde occidental et les Etats-Unis et déclenché la course à l'espace.

- Censure -

Comme d'autres chatbots chinois, les outils d'IA de DeepSeek évitent les sujets habituellement censurés en Chine, comme la répression des manifestations de la place Tiananmen en 1989.

Ce facteur, conjugué aux préoccupations relatives à la confidentialité des données, a conduit à l'interdiction ou à la restriction du modèle de DeepSeek sur les appareils fournis par les administrations publiques de plusieurs pays, comme les États-Unis, l'Australie et la Corée du Sud.

Lundi, les États-Unis sont allés plus loin en interdisant aux agences civiles du gouvernement d’utiliser les produits développés par DeepSeek et les outils de tiers créés à partir de DeepSeek.

Le ministère des Affaires étrangères chinois a dénoncé cette décision et a accusé les États-Unis de d'exagérer la notion de sécurité nationale.

Le faible coût de DeepSeek et sa facilité de déploiement en ont fait un choix populaire dans les pays en développement, selon les analystes.

- Open source -

Les systèmes de DeepSeek sont en code source ouvert ("open source"). Cela signifie que le code de l'application est accessible à tous, permettant de comprendre son fonctionnement et aux programmeurs de le modifier en fonction des besoins.

Il en va de même pour les autres acteurs majeurs de l'IA en Chine, y compris le géant technologique Alibaba, contrairement aux modèles "fermés" commercialisés par l'américain OpenAI et d'autres concurrents occidentaux.

La Chine ambitionne de devenir leader de l'intelligence artificielle d'ici 2030, avec des investissements prévus de plusieurs dizaines de milliards d'euros au cours des prochaines années.

Le gouvernement chinois a vanté l'avance du pays dans le domaine des technologies d'IA open source, en la présentant comme un accélérateur global d'innovation.

- Impulsion pour les start-up -

Le succès de DeepSeek a galvanisé le monde chinois de l'IA, en dépit des contraintes posées par la rivalité avec les États-Unis et les craintes d'une bulle sur le marché mondial.

Les actions de deux start-up chinoises de premier plan dans le domaine de l'IA — Zhipu AI et MiniMax — ont bondi lors de leur entrée en Bourse à Hong Kong cette année. Un scénario similaire s'est produit pour des fabricants de puces chinois tels que MetaX.

En juin, les investisseurs ont valorisé DeepSeek à plus de 50 milliards de dollars lors du premier tour de financement de l’entreprise, selon le Wall Street Journal.

O.Beyer--BVZ