Berliner Volks-Zeitung - Les premiers satellites du réseau russe Rassvet perdent prématurément de l’altitude

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Les premiers satellites du réseau russe Rassvet perdent prématurément de l’altitude
Les premiers satellites du réseau russe Rassvet perdent prématurément de l’altitude

Les premiers satellites du réseau russe Rassvet perdent prématurément de l’altitude

Plusieurs appareils lancés en juillet restent sous leur orbite cible de 800 kilomètres et deux sont descendus sous les 300 kilomètres, sur une trajectoire proche d’une rentrée atmosphérique.

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La constellation russe Rassvet, présentée comme une réponse nationale à Starlink, rencontre des difficultés dès ses premiers déploiements. Les observations orbitales indiquent qu’au moins deux satellites perdent rapidement de l’altitude et que plusieurs autres ne parviennent pas à rejoindre l’orbite prévue.

Bureau 1440 avait annoncé le projet en 2023. Il a pris une importance stratégique accrue en 2026, lorsque la Russie a été exclue du réseau Starlink dans le contexte de la guerre en Ukraine. Moscou a accéléré les lancements avec une première campagne en mars, puis une seconde en juillet.

Le budget fédéral prévoit 102,8 milliards de roubles, soit environ 1,1 milliard d’euros. Bureau 1440 vise une exploitation commerciale dès 2027 avec plus de 250 satellites, avant de dépasser 900 appareils en 2035. Les données actuelles montrent un écart important entre cette ambition et le rythme réellement atteint.

Les seize satellites du premier lancement se comportent globalement mieux, bien que l’un d’eux soit retombé dès juin. Les seize appareils lancés en juillet devaient être placés à 800 kilomètres. Plusieurs restent sous 500 kilomètres, certains sous 400, et aucun n’avait dépassé 360 kilomètres au moment des observations rapportées.

Neuf engins ont commencé des manœuvres destinées à regagner de l’altitude. D’autres semblent avoir interrompu leur ascension. Deux sont passés sous les 300 kilomètres, avec une trajectoire ressemblant à une rentrée dans l’atmosphère.

Une orbite trop basse réduit la durée de vie. Les couches résiduelles de l’atmosphère y exercent davantage de frottement. Pour maintenir sa position, un satellite doit utiliser plus de carburant, ce qui raccourcit sa période de fonctionnement même lorsqu’il se stabilise autour de 500 kilomètres.

La Russie ne publie pas les détails opérationnels de ces missions et maintient secrète jusqu’à la fenêtre exacte de lancement. Une fois en orbite, les objets peuvent néanmoins être suivis de l’extérieur. L’US Space Force les a catalogués, tandis que le télescope Subaru, à Hawaï, a aidé à déterminer le lieu et le moment de leur départ de la Terre. Le site spécialisé Russian Space Web a rapproché ces observations.

Le programme est aussi confronté à une contrainte industrielle. Dans la nuit du 15 août 2026, l’Ukraine a frappé avec des missiles Flamingo le centre spatial Progress de Samara. Cette usine est la seule en Russie à assembler en série les Soyouz-2.1b, lanceurs utilisés jusqu’ici pour Rassvet.

Selon United24 Media, au moins dix-huit tirs de Soyouz-2.1b seraient nécessaires pour atteindre la première configuration de la constellation, alors que la Russie n’en réalise que six à huit par an. Les pertes d’appareils et les dégâts potentiels au sol compliquent donc un calendrier déjà serré.

L’Ukraine suit le programme avec attention. Même peu nombreux, les satellites pourraient survoler son territoire jusqu’à quatre fois par jour et communiquer entre eux, selon le Kyiv Post. Cette capacité pourrait fournir un avantage à Moscou dans certaines opérations.

La menace reste toutefois limitée à court terme. Rassvet ne compte que 32 satellites, dont plusieurs ne sont pas stabilisés. Serhii Beskrestnov, conseiller militaire ukrainien connu sous le nom de Flash, estime qu’entre 200 et 250 appareils seraient nécessaires pour assurer une liaison continue utilisable sur le terrain. Ce nombre correspond à l’objectif russe pour 2027, et non à une capacité déjà disponible.

Les satellites du lancement de juillet progressent en outre moins vite que ceux du mois de mars au même stade de leur mission. Cette comparaison suggère que le problème ne se limite pas au temps normal requis pour relever l’orbite. Tant que les appareils n’atteignent pas une altitude stable, il reste impossible d’évaluer une durée de service compatible avec les objectifs commerciaux annoncés.

N.Brandt--BVZ