Cyclisme: Pogacar, qui avait trois vertèbres cassées, "juste heureux d'être en vie" (presse)
"Je suis juste heureux d'être en vie, ou de tenir debout", affirme Tadej Pogacar, dans une interview publiée samedi par The Athletic où il se confie sur la gravité de sa récente blessure, révélant notamment qu'il avait eu trois vertèbres fracturées et non une seule.
L'ogre slovène, qui a régné sur les deux premiers tiers de la saison, remportant notamment haut la main un cinquième Tour de France, a lourdement chuté lors de la Vuelta, fin août, alors qu'il dominait aisément la course.
Les premiers examens avaient montré une commotion cérébrale, une fracture déplacée de la clavicule gauche, et une fracture stable de la vertèbre cervicale C7 particulièrement sensible.
Mais, dans ce long entretien au média sportif américain The Athletic, Pogacar affirme que ce premier diagnostic était incomplet.
"Deux semaines après (la chute), j'étais en Slovénie et je suis allé passer un autre scanner. Je savais que j'avais une fracture C7, mais nous avons alors vu qu'il y avait deux autres vertèbres fracturées, les T1 et T2", indique le champion de 28 ans. Ces deux vertèbres sont situées en haut du dos, juste en dessous de la C7, la dernière vertèbre cervicale.
"À ce moment-là, j'étais content de ne pas avoir fait les Championnats d'Europe, qui étaient mon objectif initial", poursuit Tadej Pogacar au sujet de cette compétition qui s'est déroulée début octobre "à dix kilomètres" de chez lui, en Slovénie. "Quand je réalise que j'ai trois vertèbres fracturées? Je suis juste heureux d'être en vie, en fait, ou juste de pouvoir me tenir debout", enchaîne-t-il.
Pogacar, qui a mis un terme à sa saison à la suite de cette grave chute, se livre en outre sur les difficultés vécues au début de sa convalescence, à son domicile de Monaco.
Son oreille interne, qui intervient dans l'équilibre du corps, était "sens dessus dessous", ce qui l'a rendu nauséeux, victime de vertiges et de problèmes de coordination. "Je ne pouvais pas me doucher. J'avais des vertiges dès que je me levais ou que je baissais la tête. J'étais totalement HS, c'était tellement dur".
Plus largement, lors des deux premières semaines, "je n'étais pas OK mentalement. J'étais vraiment mal (...), comme déprimé", explique Tadej Pogacar, en notant avoir passé des journées entières avec "l'envie de ne rien faire".
Remonté sur le vélo depuis, il avoue aussi avoir ressenti une appréhension dans les descentes. "Si je chute encore à vélo maintenant, ça peut être vraiment problématique", dit-il, tout en assurant n'avoir "plus aucune gêne" physique. "J'ai la sensation que je retrouve un bon rythme d'entraînement et de convalescence", conclut-il.
Ch.P.Wagner--BVZ