Mondial féminin de basket: "MJ" Johannès, joker épanouie
Plus constante, "mûre" et "épanouie" dans un rôle de joker de luxe de "mieux en mieux" accepté, l'imprévisible et talentueuse arrière Marine Johannès est l’un des principaux atouts de l'équipe de France de basket-ball à la Coupe du monde.
L'Allemagne, adversaire des Bleues samedi en demi-finales à Berlin, rappelle des bons souvenirs à Johannès, qui avait réalisé son meilleur match des Jeux olympiques 2024 face à elle en quarts de finale à Bercy, battant son record de points en sélection (24, égalé en mars à Villeurbanne contre la Corée du Sud).
La Normande n'était cependant pas parvenue à enchaîner, n'inscrivant que 15 points en cumulé lors des deux rencontres suivantes (4/23 au tir).
Deux ans plus tard, l'évolution est pour le moment notable: elle pointe dans le top 10 des meilleures marqueuses de la Coupe du monde (16,5 pts en 19 minutes de jeu en moyenne) après avoir fait preuve d'une constance quasi mathématique, avec 17 unités inscrites lors de chacun des trois matches de poule puis 15 jeudi en quarts de finale contre la Chine (90-61).
Egalement passeuse décisive à sept reprises face aux Chinoises, "MJ", les mêmes initiales que son idole Michael Jordan, à qui elle a emprunté le numéro 23, demeure cette joueuse spectaculaire aux actions d'éclat. Dont son tir signature, dégainé sur une jambe à longue distance.
Une tireuse d'élite capable de prendre feu, qui n'hésite pas à tenter encore et encore même si ses premières tentatives sont manquées.
"Un monstre quand elle est confiance, donc même si elle rate, on va l'encourager à continuer à tirer. Elle ouvre le jeu pour tout le monde, et je pense qu'elle a aussi une intelligence de jeu sous-cotée. Je suis très chanceuse d'être sa coéquipière", affirme la capitaine des Bleues Gabby Williams.
- "Des filles intelligentes" -
A 31 ans, Johannès (130 sél.) est justement en pleine confiance lors de ce Mondial, où elle a supprimé ses passages à vide.
"Je me sens juste bien. C'est aussi le groupe qui fait ça, on s'y sent à l'aise sur et en dehors du terrain. Je pense aussi que j'ai forcément mûri, grandi. J'accepte de plus en plus mon rôle" répond-elle, interrogée sur les raisons de sa bonne forme.
Relancée sur l'acceptation de ce rôle de joker de luxe qui entre pour dynamiter les défenses alors qu'elle pourrait prétendre à une place dans le cinq de départ, elle poursuit: "On veut toujours plus, on est compétitrice. Maintenant, j'ai pris l'habitude (de sortir du banc), je suis contente de ce rôle pour le moment. Je pense aider l'équipe au mieux."
Le sélectionneur Jean-Aimé Toupane l'utilise ainsi depuis plusieurs années. Il a de nouveau fait oeuvre de persuasion cette année, lorsqu'il lui a rendu visite à New York - où elle est aussi utilisée en sortie de banc - à l'occasion de sa tournée des joueuses évoluant en WNBA.
Au coeur des discussions, entre autres: définir le rôle de chacune, et le faire accepter, une gageure alors qu'elles sont plusieurs à pouvoir prétendre à une place dans le cinq de départ du fait de leurs performances en WNBA, où jouent 8 des 12 joueuses retenues pour la Coupe du monde.
"On a mis (les choses) à plat. Comme ce sont des filles très intelligentes qui savent ce qu'elles veulent, pour l'instant ça marche" souligne Toupane, pour qui Johannès "joue son meilleur basket", est "heureuse" et "épanouie".
Les Bleues et son sélectionneur espèrent qu'elle le soit encore deux matches, au moins.
J.Schwarz--BVZ