Mondial-2026: Désiré Doué et la lumière fut
Remplaçant au coup d'envoi et à peine rentré en jeu, Désiré Doué, par des dribbles dont il a le secret, a fait sauter le verrou paraguayen en provoquant un pénalty transformé par son capitaine Kylian Mbappé, permettant à la France de rallier les quarts de finale du Mondial-2026.
Une fois n'est pas coutume, la lumière n'est venue ni de Mbappé, ni de Michael Olise, les deux étoiles françaises depuis le début de la compétition. Moins encore du Ballon d'Or Ousmane Dembélé qui a multiplié les pertes de balles sur son côté droit.
Dans un match fermé à triple tour, il n'aura fallu que 4 minutes à Désiré Doué pour tirer la France du piège tendu par le Paraguay en 8e de finale.
Entré à la 61e minute de la rencontre, à la place de son ami et coéquipier Bradley Barcola, avec qui il est en concurrence pour occuper le poste d'ailier gauche chez les Bleus, le jeune attaquant, 21 ans, s'est d'abord mis en jambes avec une première prise de balle.
Puis il a fait exactement ce pourquoi Didier Deschamps, le sélectionneur français, l'a lancé à l'heure de jeu: sur son aile, le Parisien s'est engouffré dans la surface. Dans un espace restreint, il a éliminé un puis deux défenseurs sud-américains, avant que le milieu de terrain, Diego Gomez, campé dans ses 16 mètres comme la plupart de ses coéquipiers, ne stoppe sa course en le fauchant.
- Ouf de soulagement -
Si l'arbitre ouzbek de la rencontre, Ilgiz Tantashev, n'a pas immédiatement sifflé la faute et a dû faire appel à la VAR, l'obstruction était évidente et la sanction immédiate lorsque Mbappé, aucune frappe tentée jusqu'alors, a converti le tir au but (1-0, 70e).
Un gros ouf de soulagement pour tout le camp français archi dominateur, mais incapable de se montrer dangereux face au Paraguay recroquevillé dans son camp, bien que toujours en avance face aux attaquants bleus, loués depuis le début du tournoi mais totalement muselés par les Sud-Américains.
Dans un match que l'on attendait fermé, Michael O'Neill, le sélectionneur de l'Irlande du Nord, membre du groupe technique de la Fifa, qui décortiquait pour l'AFP ce que la France pouvait utiliser pour contourner le mur paraguayen, a finalement vu juste.
"La France possède absolument toutes les armes possibles en attaque: de la taille, de la puissance physique, du génie individuel, de la vitesse, un banc aussi", expliquait-il.
"Quand ce n'est pas Mbappé ou Olise qui est dangereux, c'est Dembélé ou Barcola", précisait-il. Il faut ajouter Doué, donc, par qui la lumière est arrivée samedi.
- Pas opposé à Barcola -
Titulaire en début de tournoi puis doublé pour le premier match couperet par Barcola, en 16e face à la Suède, Doué refuse pourtant l'opposition avec son coéquipier du Paris SG, muselé comme toute l'attaque française samedi et avec qui la concurrence est plus ouverte que jamais.
"On est différents au niveau de nos profils. Moi, je sais que j'ai la capacité de jouer à beaucoup de postes : au milieu, en attaque, en pointe, à droite, à gauche. Bradley est davantage un ailier. Il a aussi joué en numéro neuf. Il va très vite avec le ballon et sans le ballon. Je suis peut-être plus à l'aise dans les petits espaces ou pour jouer au milieu du terrain. On est deux profils différents et je pense qu'ils se complètent très bien", expliquait-il la veille de la rencontre.
C'est son profil qui a fait la différence face au Paraguay. En sera-t-il de même en quart face au Maroc à Foxborough près de Boston jeudi prochain ?
"On est un groupe", a rappelé Doué. "Le coach fait ses choix quand il aligne son onze de départ, mais tous les joueurs ont leur rôle à jouer, tous les joueurs sont importants. Le moment venu, si Bradley doit jouer, il sera prêt. Si je dois jouer, je serai prêt et je répondrai présent."
Avec un plaisir non feint. "Sincèrement, je profite de cette première Coupe du Monde", a-t-il encore assuré. "C'est une compétition magnifique à jouer. Quand je souris pendant l'hymne, c'est parce que je suis très heureux d'être là."
O.Krause--BVZ