Flavio Bolsonaro dit avoir quitté le Brésil pour fuir une "persécution"
L'ex-candidat de droite à la présidentielle au Brésil Flavio Bolsonaro, qui a fui son pays en jet privé après sa défaite et s'est réfugié aux États-Unis, a justifié vendredi son départ par une "persécution" dont il se dit victime.
"La persécution a commencé même plus tôt que je ne l'imaginais", a déclaré le sénateur lors d'un direct sur Instagram, où il est revenu sur sa décision de fuir alors que la justice brésilienne avait annulé ses passeports dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent.
Dans cette vidéo, M. Bolsonaro, 45 ans, a raconté que lundi, en sortant d'une visite à son père assigné à résidence, l'ancien président Jair Bolsonaro, que la police lui avait annoncé qu'on lui retirait ses passeports.
"Les yeux pleins de larmes, il m'a dit: +Tu sais déjà où ils veulent en venir avec ça, non ?+", a-t-il confié.
"Je lui ai dit : +Papa, je sais déjà (...). Maintenant je sais ce que je dois faire+", a-t-il ajouté.
Flavio Bolsonaro a assuré avoir pris sa décision de fuir avec son épouse "sans que personne ne le sache", et a demandé de ne "pointer du doigt personne".
L'ex-candidat est arrivé en Floride (sud-est des Etats-Unis) à bord d'un jet privé mercredi, au terme d'un périple rocambolesque passant par l'Argentine et l'Equateur. Selon un document de vol consulté par l'AFP, il a embarqué avec un passeport italien à son nom.
- "Sorti pour le Brésil" -
"Je ne suis pas sorti du Brésil, je suis sorti pour le Brésil", a clamé le candidat malheureux, qui n'a pas reconnu sa défaite surprise au second tour face au président sortant de gauche Lula et crié à la fraude électorale, malgré les démentis de son propre camp et de la justice.
Il a prédit que l'économie du Brésil allait "faire faillite" sous Lula et s'est dit prêt à se présenter à nouveau à la présidence. "Je ne parle pas de 2030, je parle d'avant", a-t-il dit en parlant de la date de la prochaine présidentielle.
Les gouvernements des présidents américain Donald Trump et argentin Javier Milei ont été sommés d'expliquer le rôle de leurs pays dans la fuite.
Jeudi, le ministère brésilien des Affaires étrangères a convoqué la représentante de l'ambassade d'Argentine à Brasilia pour qu'elle "donne des explications" après le passage de Flavio Bolsonaro par le territoire argentin.
- Demande d'explications -
Selon la direction argentine des migrations, le fils Bolsonaro a embarqué mardi soir dans un avion privé à Puerto Iguazu (nord-est), 40 minutes après être entré en Argentine par voie terrestre depuis la toute proche frontière brésilienne. Un haut responsable du gouvernement argentin a réfuté une quelconque irrégularité dans son passage.
Aux États-Unis, un groupe de parlementaires démocrates a demandé à l'administration Trump de fournir des explications, selon une lettre diffusée vendredi par l'une des signataires, la députée Sydney Kamlager-Dove.
"La question centrale est simple : le Département d'État, l'ambassade des États-Unis au Brésil ou toute autre agence du gouvernement américain ont-ils aidé le sénateur Bolsonaro à voyager aux États-Unis ou à entrer dans le pays (...) ?", peut-on lire dans cette lettre.
La défaite de Flavio Bolsonaro a sonné la droite brésilienne, qui croyait la victoire à portée de main après être arrivée en tête au premier tour.
Mercredi, peu après son arrivée aux Etats-Unis, Flavio Bolsonaro s'était présenté comme le véritable "leader" du Brésil dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux.
Cette lettre a suscité la réprobation dans son pays, jusque dans son camp. Jeudi, le président du Parti libéral, la formation de la famille Bolsonaro, a affirmé que "personne n'approuvait" la lettre du sénateur. Il venait de rendre visite à Bolsonaro père.
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W.Arnold--BVZ