Berliner Volks-Zeitung - Ukraine, attaques "hybrides" russes: la diplomatie de l'UE fait sa rentrée

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Ukraine, attaques "hybrides" russes: la diplomatie de l'UE fait sa rentrée
Ukraine, attaques "hybrides" russes: la diplomatie de l'UE fait sa rentrée / Photo: ROMEO BOETZLE - AFP/Archives

Ukraine, attaques "hybrides" russes: la diplomatie de l'UE fait sa rentrée

Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l'Union européenne se retrouvent mardi et mercredi en Irlande, en pleine recrudescence d'attaques "hybrides" attribuées à la Russie et de frappes massives contre l'Ukraine.

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"Les attaques russes contre les Ukrainiens deviennent de plus en plus brutales", a expliqué un responsable de l'UE, avant ces deux réunions.

En juillet dernier, le nombre de victimes civiles était 70% plus élevé qu'en juillet l'an dernier, "ce qui est énorme" a-t-il ajouté.

La Russie a dit lundi préparer des "frappes massives" contre les infrastructures énergétiques en Ukraine, avant l'arrivée de l'hiver, dans l'espoir de briser enfin le moral des Ukrainiens après plus de quatre années de guerre.

Pour espérer protéger ses villes et ses infrastructures, Kiev dispose de toute une batterie d'intercepteurs, mais manque cruellement de ceux qui permettent de contrer les tirs de missiles balistiques russes, notamment les Patriot de fabrication américaine.

Les ministres de la Défense vont une nouvelle fois faire le tour de table des pays disposant de tels intercepteurs, dans l'espoir de les convaincre à faire un effort supplémentaire.

"Ceux qui ont fourni des systèmes de défense aérienne à l’Ukraine ont déjà accompli beaucoup", a reconnu ce responsable européen, mais "d’autres doivent encore en livrer, et c’est là que portera notre travail".

- Avoir gelés russes -

Il faut aussi de l'argent.

Au moins quatre pays européens - l'Espagne, la Suède, la Pologne et les Pays-Bas - ont jugé récemment dans une lettre commune qu'il était désormais temps d'utiliser les avoirs russes gelés dans l'UE, qui représentent quelque 210 milliards d'euros.

La Belgique et d'autres pays, s'y sont fermement opposés fin 2025, contraignant les 27 à opter pour un emprunt commun de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine.

Le débat va être relancé, mais ses chances d'aboutir restent minces, selon un autre responsable européen, sous couvert d'anonymat.

Ministres de la défense et chefs de la diplomatie se retrouvent aussi après une série d'attaques sur le sol européen attribuées à la Russie.

L'Allemagne "est davantage entrée dans le viseur d'attaques hybrides", a déclaré la semaine dernière le chancelier allemand Friedrich Merz.

Berlin désigne ainsi les tentatives de sabotage, de désinformation et d'espionnage sur son sol, en hausse depuis le début de la guerre en Ukraine et imputées à la Russie.

Début août, un drone chargé d'explosifs a été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport de Leipzig (est), à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens.

Cet aéroport est considéré comme un point de transit important pour les livraisons d'aide militaire à l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie.

En dépit d'autres attaques de ce type, les responsables européens sont jusqu'à présent restés prudents dans leur réponse, même si Berlin a promis de "faire payer les auteurs" d'attaques hybrides.

Certains ministres, notamment ceux des pays baltes, voisins de la Russie, s'impatientent. "La campagne de sabotage et de subversion menée par Poutine à travers l’Europe n’est pas une "guerre hybride. C’est du terrorisme d’État. Appelons les choses par leur nom", a ainsi déclaré ce weekend le chef de la diplomatie estonienne Margus Tsahkna.

Certains services de renseignement s'inquiètent aussi d'une éventuelle attaque de la Russie contre un pays de l'Otan.

Selon les médias américains, le patron de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu fin août à Moscou pour mettre en garde la Russie contre toute attaque contre un membre de l'Otan, alors que des évaluations des services de renseignement américains indiquent que Moscou pourrait chercher à mettre l'alliance à l'épreuve.

Une première discussion autour d'une liste de 1.600 individus et entités russes devrait avoir lieu mercredi entre ministres des Affaires étrangères, selon un responsable européen.

Les ministres vont également commencer à réfléchir à une réforme du service diplomatique de l'UE, que certains pays, comme la France et l'Allemagne, jugent insuffisamment efficace.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Milliband et son homologue ukrainien Andriï Sybiga seront présents mercredi à Wicklow, près de Dublin, à l’invitation de leurs collègues de l'UE.

St.Peters--BVZ