Berliner Volks-Zeitung - Le Venezuela libère plus de 130 prisonniers politiques, sur fond de dialogue avec l'opposition

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Le Venezuela libère plus de 130 prisonniers politiques, sur fond de dialogue avec l'opposition
Le Venezuela libère plus de 130 prisonniers politiques, sur fond de dialogue avec l'opposition / Photo: Juan BARRETO - AFP

Le Venezuela libère plus de 130 prisonniers politiques, sur fond de dialogue avec l'opposition

Le Venezuela a annoncé vendredi la remise en liberté de plus de 130 prisonniers politiques, parmi lesquels une femme accusée d'un attentat au drone contre l'ex-président Maduro, répondant à une demande de l'opposition qui vient d'engager des pourparlers avec le pouvoir.

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La cheffe de la délégation de l'opposition, Dinorah Figuera, s'est engagée jeudi à œuvrer pour la libération des prisonniers politiques après un premier cycle de négociations avec le gouvernement intérimaire.

Ce dialogue, parrainé par Washington, survient sept mois après la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine, après plus d'un quart de siècle de pouvoir chaviste, la doctrine d'inspiration socialiste du président Hugo Chavez (1999-2013).

Dans un communiqué vendredi, le gouvernement a annoncé l'"octroi de mesures alternatives à la privation de liberté pour un total de 131 personnes qui se trouvaient sous régime de détention, en raison de leur participation présumée ou avérée à la commission de délits prévus par l'ordre juridique vénézuélien".

Malgré la libération de centaines de prisonniers politiques depuis le 3 janvier, le Venezuela en comptait encore plus de 380 avant l'annonce de vendredi, selon Foro Penal, l'ONG qui les défend. Leur sort est devenu un enjeu majeur de la transition engagée depuis la capture de Maduro.

Mme Figuera s'est félicitée de ces libérations et a appelé à ce qu'il y en ait d'autres. "Continuons à réclamer sans relâche jusqu'à ce que chaque citoyen retrouve sa famille", a écrit l'opposante sur X.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a qualifié ces libérations de "pas crucial pour le processus de réconciliation de la nation". "Les États-Unis continuent de suivre de près le processus" de dialogue politique, a déclaré le secrétaire d'État sur X.

- "Liberté pleine et entière" -

A la prison El Rodeo près de Caracas, des gardiens ont annoncé dans l'après-midi la sortie de plusieurs détenus.

Présente, Ruth Molero, mère et tante de deux incarcérés, a raconté à l'AFP se sentir "très émue". "Des sifflets ont commencé à retentir et nous (...) étions assises ici, en train de discuter comme tous les après‑midis. Quand nous avons vu ce tas de garçons" sortir de la prison. "Nous nous sommes toutes mises à courir en criant".

Son fils et son neveu ne faisaient pas partie de ces prisonniers libérés, mais elle se dit confiante en une sortie prochaine.

Foro Penal a annoncé dans la soirée avoir pu confirmer la libération effective de 64 prisonniers.

C'est le cas d'Emirlendris Benitez, qui avait été arrêtée en août 2018, alors qu'elle était enceinte de quatre mois, accusée d'avoir participé à un attentat au drone contre Nicolas Maduro. Elle a été inculpée de tentative d'homicide qualifié, de terrorisme et de trahison envers la patrie, et condamnée à 30 ans de prison.

Selon des organisations de défense des droits humains et des avocats de la défense, cette commerçante de 45 ans a été victime de tortures, de traitements cruels et dégradants, au point de subir une fausse couche.

"Le cauchemar est terminé", s'est-elle félicitée dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où on la voit en fauteuil roulant embrasser son fils.

"L'objectif est (...) la liberté pleine et entière, sans conditions, la liberté pour tous", a déclaré à l'AFP Angeles Tirado, dont les proches sont impliqués dans une affaire qui a valu à une cinquantaine de personnes d'être arrêtées en 2025, accusées d'être impliquées dans un projet visant à renverser Nicolas Maduro.

Le dialogue entre une partie de l'opposition vénézuélienne et le pouvoir se déroule sans la participation de la cheffe de l'opposition et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, exilée au Panama. Elle n'a pas été conviée mais a assuré qu'elle n'entraverait pas le processus.

Mercredi, les deux parties sont convenues de poursuivre la réforme judiciaire, notamment la nomination de tous les juges de la Cour suprême et la réforme de la loi régissant cette dernière, ainsi que d'unir leurs efforts afin de récupérer quelque 30 tonnes d'or vénézuélien gelé au Royaume-Uni à la suite de sanctions.

Un autre cycle de pourparlers doit avoir lieu à une date à déterminer.

Ch.Franz--BVZ