Berliner Volks-Zeitung - Mali: le chef de la junte réapparaît pour la première fois depuis les attaques meurtrières

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Mali: le chef de la junte réapparaît pour la première fois depuis les attaques meurtrières

Mali: le chef de la junte réapparaît pour la première fois depuis les attaques meurtrières

Le chef de la junte malienne Assimi Goïta, dont on ignorait le sort depuis les attaques sans précédent lancées par des groupes armés qui ont déstabilisé son régime, est réapparu et s'est rendu au chevet de blessés de ces assauts, selon des communiqués et photos publiés mardi par la présidence malienne.

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La fébrilité règne au Mali trois jours après des attaques sans précédent des jihadistes du JNIM alliés aux indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) qui continuent d'avancer dans le nord face à une junte plus affaiblie que jamais et dans une "situation difficile", de l'aveu même de son allié russe.

L'absence et le silence d'Assimi Goïta ont nourri depuis trois jours des spéculations sur sa capacité à se maintenir au pouvoir, alors que son ministre de la Défense, Sadio Camara, un des principaux responsables de la junte, a été tué lors de l'une de ces attaques.

M. Camara était considéré comme l'architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie. La junte malienne s'était en effet rapprochée politiquement et militairement de la Russie ces dernières années après avoir chassé les militaires français en 2022.

Selon le communiqué publié par la présidence malienne, les deux parties ont évoqué la situation actuelle dans le pays.

L'ambassadeur russe à Bamako, Igor Gromyko, a "réaffirmé l'engagement de son pays aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme", assurant que la "Russie sera toujours l'amie du Mali", selon ce texte.

Le président a également rendu visite aux blessés civils et militaires pris en charge à l'hôpital de Kati, situé à une quinzaine de km de Bamako, et a souhaité "un prompt rétablissement" aux blessés, selon un autre communiqué de la présidence malienne.

Cette ville-garnison et fief de la junte a été visée samedi par une attaque des groupes armés, qui a fait au moins 23 morts civils et militaires, selon un nouveau bilan indiqué à l'AFP par une source hospitalière.

- "Intentions agressives" -

C'est dans cette attaque à Kati, menée par "un véhicule piégé conduit par un kamikaze", que le général Sadio Camara a été tué.

Assimi Goïta s'est également rendu au domicile du général Camara. "Le chef de l'État a présenté ses condoléances à la famille de l'illustre défunt tout en rassurant quant au parachèvement de son combat pour la sécurisation de l'ensemble du territoire national", ajoute le communiqué de la présidence malienne.

Dans un publication un peu plus tôt sur les réseaux sociaux, le ministère russe de la Défense a estimé que les rebelles et jihadistes étaient en train de se regrouper et que la situation au Mali restait "difficile".

"Les ennemis n'ont pas renoncé à leurs intentions agressives et ils se regroupent. La situation dans la République du Mali reste difficile", a-t-il ajouté.

Le ministère a aussi confirmé que l'Africa Corps - des paramilitaires envoyés en appui de la junte malienne - a dû se retirer de la ville-clef de Kidal (nord), dont les groupes armés se sont emparés le weekend dernier.

Le Kremlin a dit également souhaité le retour "au plus vite" de la stabilité dans ce vaste pays sahélien, en proie depuis 2012 aux conflits et aux violences jihadistes.

- Abandon de positions -

Ces attaques coordonnées lancées samedi jettent le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés, et mettent à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu'ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats étrangers et son effort militaire accru avaient permis d'inverser la tendance face aux combattants radicaux islamistes.

Signe de la fébrilité qui prévaut dans le pays, l'armée malienne a abandonné certaines de ses positions dans la région de Gao (nord), ont indiqué mardi à l'AFP des sources locales.

Gao est la deuxième région militaire du Mali après la ville-garnison de Kati, fief de la junte situé près de Bamako et qui a été le théâtre de violents combats entre l'armée et les groupes armés.

"Les militaires ont abandonné leur position à Labbezanga situé près de la frontière du Niger. Ils se sont repliés vers Ansogo", a indiqué à l'AFP un élu local sous couvert d'anonymat.

Quant à la ville stratégique de Kidal, elle est désormais sous contrôle rebelle depuis ce weekend. Kidal a été sous la coupe de groupes rebelles pendant plusieurs décennies avant de revenir dans le giron de l'Etat malien en novembre 2023, à la faveur d'une offensive de l'armée appuyée par les combattants de Wagner.

Selon des analystes, le but stratégique recherché par cette alliance entre JNIM et FLA ne serait pas la prise du pouvoir à Bamako, mais la reconquête des régions du Nord.

Le centre du Mali, où se trouve la ville de Mopti, a aussi été attaqué et la situation sécuritaire y restait confuse mardi.

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A.Sauer--BVZ