Face à l'incendie en Belgique, des Allemands sommés de quitter leur maison
Lorsque Petra Mertens, retraitée allemande de 63 ans, a reçu l'ordre de quitter sa maison dans la paisible ville frontalière de Monschau, menacée par l'incendie qui ravage la Belgique, elle n'a pas hésité une seconde.
"Nous sommes partis plus ou moins de notre propre gré", confie à l'AFP cette ancienne aide-soignante, rencontré dans une salle communale aménagée avec quelques lits de camps pour accueillir les personnes évacuées comme son mari Ulirch et elle.
Leurs chiens, Cleo et Krümel ("miette" en français), y ont aussi pris leurs quartiers.
"L'air était irrespirable. On s'est dit: "allons-y"", raconte-t-elle. "Avec toute cette fumée, on s'est dit qu'il était hors de question d'infliger ça aux chiens".
Cette ville ancienne aux rues pavées et aux maisons à colombages a ordonné dimanche soir l'évacuation de deux rues à cause des risques posés par la fumée émanant de l'incendie qui ravage une réserve boisée belge.
Sur plus de 12.000 habitants, seulement une trentaine sont concernés.
Mais la municipalité observe avec inquiétude cet incendie, le plus grave qu'ait connu la Belgique depuis un siècle, déclenché vendredi pour des raisons encore inconnues.
Les pompiers belges, épaulés par des renforts et deux hélicoptères équipés de réservoirs d'eau envoyés par l'Allemagne, tentent de maîtriser les flammes, qui menacent de franchir la frontière.
Mardi, de fortes rafales de vent en provenance du sud-ouest pourraient encore attiser les flammes, a indiqué lundi lors d'une conférence de presse le chef des pompiers de Monschau, Philipp Krueger.
"C'est une situation totalement inédite, nous n'avons jamais été confrontés à un tel scénario jusqu'à présent", a-t-il déclaré.
L'homme ajoute qu'un pompier allemand sur le terrain a été hospitalisé après un malaise cardiaque présumé.
Un été exceptionnellement chaud et sec suscite des incendies dévastateurs à travers l'Europe, touchant même des pays d'ordinaire épargnés comme la Belgique et l'Allemagne.
Dans la nuit de jeudi à vendredi en Allemagne, 1.800 personnes avaient été évacuées à trente minutes au nord de Monschau à cause d'un feu affectant 300 hectares et menaçant des habitations.
Petra Mertens en est certaine: les images et les odeurs de dimanche resteront gravées dans sa mémoire.
"Tout était noyé dans une sorte de brouillard. On ne pouvait pas ouvrir les fenêtres et ça sentait horriblement mauvais", raconte-t-elle, montrant une photo où une lueur orangée transperce d'épais nuages de fumée dans un ciel noir.
"Je ne suis pas près d'oublier ça", dit-elle. "On réalise à quelle vitesse on peut perdre sa maison. On voit à quel point tout peut basculer rapidement".
M.Keller--BVZ