Lecornu reçoit les syndicats, qui exigent des réponses politiques, avant de nouvelles manifestations
Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés pour empêcher les violences du week-end de se reproduire, Sébastien Lecornu reçoit mercredi matin les organisations syndicales, qui exigent des réponses politiques à leurs revendications et déplorent l'absence des lycéens et étudiants à cette réunion.
"Nous allons lui dire pour résumer qu'on ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression, on répond à une mobilisation sociale par des réponses politiques aux revendications", a résumé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet à son arrivée à Matignon peu avant 10H30.
Le syndicat doit dire dans la journée s'il appelle à se joindre au nouvel appel lancé par certains gilets jaunes à manifester samedi, comme l'a déjà fait la branche parisienne de ce syndicat.
Des figures politiques de tous bords ont de nouveau dénoncé mercredi ce qu'ils perçoivent comme une défaillance du pouvoir. L'ex-chef de l'Etat François Hollande a attaqué un gouvernement "faible" et un président "absent", tandis que le candidat Horizons à la présidentielle Edouard Philippe a critiqué le maintien du voyage d'Emmanuel Macron dans le Golfe.
La favorite des sondages Marine Le Pen (RN) s'en est prise à "un pouvoir finissant" qui "n'a plus la main".
L'exécutif cherche toujours une issue à la crise, déterminé d'abord à rétablir l'ordre.
Plusieurs couvre-feux ont été instaurés pour une deuxième nuit consécutive, comme dans l'hyper-centre de Marseille depuis 22H00 mardi et au moins jusqu'à vendredi inclus, tandis qu'à Toulouse, un couvre-feu nocturne est prévu de jeudi à dimanche, autour du Capitole et de rues commerçantes du centre-ville.
- Absence des lycéens -
Sur la Presqu'île de Lyon, quelques piétons pressaient le pas vers 21H30, dont certains disaient ignorer l'existence du couvre-feu. Anne-Marie, attablée avec des amis à un café, a salué "un premier pas" qui la "rassure". Mais Natacha, 25 ans, commerciale, ne "voit pas pourquoi on serait punis" à cause de ceux qui manifestent ou "cassent".
Dans ce contexte, le Premier ministre a souhaité recevoir les principaux syndicats, à l'exception de Solidaires, pour évoquer notamment "les voies et moyens pour garantir l'indispensable liberté de manifester" que "certains essaient de dévoyer en l'associant à des actes inacceptables", selon un courrier envoyé à ces organisations.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez assiste aussi à la réunion, alors que, outre les nouvelles manifestations attendues samedi, une grande mobilisation nationale professionnelle est annoncée par une intersyndicale pour le 5 novembre.
La CFDT et la CGT ont déploré l'absence des organisations lycéennes à Matignon, où M. Lecornu entend aborder "les réponses" à leurs revendications qui portent sur les emplois du temps, les remplacements, la rénovation des bâtiments ou Parcoursup.
M. Lecornu a promis pour les lycéens des "premières annonces" en "début de semaine prochaine", dont le Parlement pourra "s'emparer" dans le débat budgétaire.
La CFDT a averti qu'il n'était "pas question de ne parler que de l'organisation de la mobilisation".
- "Pouvoir d'achat", la "priorité" -
"Le pouvoir d'achat, qui est la priorité des salariés et des agents, doit être traité urgemment. Et surtout les organisations de jeunesse sont absentes de ce rendez-vous, alors que la question de la réponse à leurs revendications est à l'ordre du jour", regrette le premier syndicat français dans une déclaration à l'AFP.
Le Défenseur des droits (DDD), chargé notamment de veiller au respect de la déontologie par les forces de l'ordre, a annoncé mardi avoir reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont "plus d'une dizaine" concernent des faits datant du week-end.
Sébastien Lecornu recevra à leur tour jeudi les partis politiques, pour revenir sur les "difficultés rencontrées" le 17 octobre et aborder "la sécurisation" de la campagne présidentielle, exigeant de ses interlocuteurs "la condamnation de la violence", selon un courrier aux partis.
Sur les 557 gardes à vue après les violences et pillages commis à Paris, 300 personnes ont "comparu" pour l'heure "devant un magistrat" et aucune n'a "revendiqué un mobile de quelque nature politique qu'il soit", a relevé mardi soir la procureure de Paris Laure Beccuau, alors que le gouvernement accuse "l'ultragauche" des violences.
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P.Koch--BVZ