Le réseau latino-américain des fact-checkeurs demande à Meta de ne pas les remplacer par les notes des internautes
Un réseau regroupant 47 organisations de vérification des faits en Amérique latine a appelé jeudi Meta (Facebook, Instagram, Threads) à ne pas remplacer le fact-checking indépendant par les notes des internautes, un système que le géant américain entend tester dans 16 pays de la région.
"Les notes de la communauté (...) pourraient constituer une contribution précieuse si elles sont mises en œuvre comme un complément à la vérification indépendante", fait valoir LatamChequea dans un communiqué.
Le réseau se dit toutefois inquiet de "la possibilité, évoquée par la plateforme, que la vérification indépendante soit remplacée par ce système".
LatamChequea rejoint ainsi les préoccupations exprimées mercredi par le Réseau international de vérification des faits (IFCN, selon son sigle en anglais), dont l'AFP est membre.
Selon le réseau latino-américain, 14 agences de la région participent au programme de vérification des faits de Meta, lancé à l'échelle mondiale en 2016, dont fait partie l'AFP qui intervient dans plus de 26 langues.
L'initiative du géant américain en Amérique latine survient après la transition opérée en 2025 par Meta aux Etats-Unis, du fact-checking vers le système des "notes de la communauté".
Ces notes sont produites par des utilisateurs référencés estimant qu'un message nécessite des précisions ou de la contextualisation, le plus souvent en y joignant des sources.
Si suffisamment d'autres contributeurs, ayant des points de vue variés, jugent ces notes utiles, elles seront publiées sur la plateforme concernée.
Plusieurs études ont montré que ce dispositif était moins efficace que le travail de professionnels du fact-checking pour lutter contre la désinformation.
"A un moment critique, où les problèmes que la désinformation engendre dans la région se sont aggravés avec la montée en puissance de contenus générés et manipulés par l'intelligence artificielle, réduire les outils permettant de la contrer est particulièrement préoccupant", a averti LatamChequea.
Un nombre croissant de candidats conservateurs et d'extrême droite ont accédé à la présidence ces derniers temps en Amérique latine, avec des promesses de dérégulation et de résultats rapides dans la lutte contre le narcotrafic et la criminalité, sur le modèle des présidents salvadorien Nayib Bukele et américain Donald Trump.
O.R.Jung--BVZ