Berliner Volks-Zeitung - Dix euros par colis: l'industrie textile européenne demande de nouvelles mesures contre les plateformes asiatiques

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Dix euros par colis: l'industrie textile européenne demande de nouvelles mesures contre les plateformes asiatiques
Dix euros par colis: l'industrie textile européenne demande de nouvelles mesures contre les plateformes asiatiques / Photo: GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP/Archives

Dix euros par colis: l'industrie textile européenne demande de nouvelles mesures contre les plateformes asiatiques

Taxes sur les petits colis, malus sur les vêtements jetables et bientôt des frais de traitement que l'industrie textile européenne souhaite à 10 euros par envoi: l'étau financier se resserre en France et en Europe autour de Shein, Temu, AliExpress et consorts.

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Depuis leur entrée fracassante sur le marché européen, les grandes plateformes de vente en ligne asiatiques n'en finissent pas de subir les foudres des autorités publiques, des associations, des acteurs du secteur textile et des parlementaires.

Elles sont accusées, entre autres, de pollution environnementale au vu des volumes mis sur le marché mais aussi de concurrence déloyale envers les entreprises européennes.

Dernier coup de semonce en date: les principales fédérations textiles européennes poussent pour que des "frais de traitement" de dix euros par colis s'appliquent aux milliards de petits paquets en provenance d'Asie qui entrent dans l'espace communautaire chaque année, ont-elles annoncé mardi.

En 2025, près de 5,9 milliards de petits colis (dont 93% provenaient de Chine) sont entrés sur le marché européen, soit plus de 180 chaque seconde et quatre fois plus qu'en 2022.

Depuis le 1er juillet, une taxe européenne de 3 euros s'applique déjà sur chaque catégorie de produit logé dans ces petits paquets de moins de 150 euros qui étaient, jusqu'ici, exemptés de droits de douane. Une clémence fiscale sur laquelle s'est construit le modèle économique de ces plateformes, et un privilège décrié par les acteurs européens de l'industrie textile.

La taxe européenne a fait chuter les importations de colis sur le marché européen de 30 à 40% depuis son entrée en vigueur, s'était félicité la semaine dernière Bercy.

Mais "on ne peut pas s'arrêter là", a estimé mardi Mario Jorge Machado, le président de la principale fédération textile européenne, Euratex, devant de nombreux représentants de la filière au salon spécialisé Première Vision, à Villepinte, près de Paris.

- "Ne pas faire comme Trump" -

De fait, en novembre, l'Union européenne prévoit que la taxe de trois euros soit complétée par des "frais de traitement". Le montant n'a pas encore été fixé mais pourrait s'élever à deux euros par colis.

Euratex a souhaité mardi que la manne ainsi récoltée soit fléchée vers le renforcement des contrôles douaniers et non absorbée dans le budget général de la Commission européenne.

"Il faut augmenter les capacités des douanes, qui sont sous-dimensionnées et mieux contrôler la qualité et conformité" des petits colis, a soutenu le directeur général d'Euratex, Dirk Vantyghem, auprès de l'AFP.

"On ne veut pas faire un mur comme Trump contre les importations", a toutefois nuancé le directeur général qui s'est défendu d'être "anti-Shein" mais qui plaide pour que les mêmes règles du jeu s'appliquent à tous.

Lors de la même rencontre entre professionnels du secteur, Pierre-François Le Louët, coprésident de l'Union française des industries de la mode et de l'habillement (UFIMH), a estimé que ces 10 euros n'étaient pas punitifs mais représentaient "le vrai coût du business model" des plateformes qui donnent du fil à retordre aux douanes européennes.

Cette fédération française est, avec l'Union des Industries textiles, solidaire de la demande d'Euratex.

Euratex représente près d'une trentaine de fédérations européennes de l'industrie textile, notamment en France, Italie, Espagne, Portugal, Allemagne, Autriche, Belgique, Croatie, Danemark, Suisse et Royaume-Uni.

La filière représente 1,2 million d'emplois en Europe, a rappelé Euratex.

En France, le secteur de la mode compte 198.500 salariés en direct, "davantage que l'aéronautique, le ferroviaire et le naval réunis", selon une étude de l'Alliance du Commerce.

Par ailleurs, mardi est entrée en vigueur une des mesures phares de la loi française visant à endiguer la mode ultra-éphémère dont Shein est le symbole, en imposant un malus sur chacun de ses produits, pouvant atteindre jusqu'à 19,50 euros en plus pour une veste d'ici 2030.

Il sera collecté par l'éco-organisme Refashion, mandaté par l'Etat pour structurer la filière textile, et devrait être fléché pour soutenir la filière française.

D.Lang--BVZ