Les Bourses mondiales esquissent un rebond, la tech en moteur
Les Bourses mondiales font le pari du rebond jeudi, portées par un retour de l'engouement pour les semi-conducteurs, après leur décrochage de la veille lié à la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran.
Dans les premiers échanges après l'ouverture, vers 13H30 GMT, le S&P 500 prenait 0,37%, le Nasdaq 0,56%. Le Dow Jones était stable (+0,04%).
Seule Londres perdait 0,48% après avoir ouvert dans le vert. L'indice FTSE 100 étant fortement exposé aux prix de l'énergie, les majors pétrolières BP (-1,58%) et Shell (-1,02%) plombaient l'humeur.
A Paris également, TotalEnergies perdait 0,95%, Eni glissait de 1,34% à Milan et Equinor cédait 0,86% à Oslo.
Les tensions restent vives au Moyen-Orient: Washington a frappé l'Iran dans la nuit pour tenter de réduire le contrôle exercé par Téhéran sur le détroit d'Ormuz, tandis que l'armée iranienne a affirmé avoir lancé des représailles contre trois pays alliés de Washington dans le Golfe.
Mais les investisseurs sont "moins pris de court cette fois-ci, cette évolution ayant été largement anticipée" après l'annonce de frappes à venir par le président américain Donald Trump mardi, souligne Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
La pression redescendait aussi sur les dettes d'Etat, au lendemain d'une nette hausse des taux d'intérêt. Le rendement de l'emprunt français à échéance dix ans reculait à 3,87%, contre 3,92% la veille. Celui de l'Allemagne restait stable, à 3,09%.
Son équivalent américain atteignait 4,17%, contre 4,22% mercredi soir en clôture.
- Les semi-conducteurs brillent -
Les marchés s'appuient par ailleurs sur un nouveau bond du secteur des semi-conducteurs, profitant de l'engouement renouvelé des investisseurs pour le développement de l'intelligence artificielle (IA).
Stephen Innes, gérant de SPI AM, évoque une "double personnalité" des marchés. "Les tensions géopolitiques peuvent assombrir l'horizon, mais l'intelligence artificielle continue d'apporter un puissant moteur de croissance", estime-t-il.
A Wall Street, SanDisk prenait 6,20%. Micron bondissait de 7,61%, après avoir annoncé un investissement de 250 milliards de dollars pour des usines de fabrication de semi-conducteurs aux Etats-Unis d'ici 2035, selon Bloomberg.
A Paris, les deux spécialistes des semi-conducteurs STMicroelectronics (+5,73%) et Soitec (+6,16%) s'affichaient aussi en hausse, de même que Infineon (+4,21%) à Francfort vers 13H40 GMT.
- Le pétrole indécis -
Les cours du pétrole restent indécis jeudi, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, prenant 0,65% à 78,53 dollars, et son équivalent américain, le WTI, gagnant 0,31% à 73,75 dollars le baril.
"Le Moyen-Orient reste une source de risque, mais le pétrole n'a pas encore franchi le seuil d'alerte", affirme Stephen Innes.
La pression à la hausse sur les prix du brut pourrait d'ailleurs "être moins marquée que lors des premières semaines du conflit", estime Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
"Les marchés se sont habitués aux tensions et aux perturbations dans le détroit d'Ormuz", un passage stratégique par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures, explique-t-elle. "L'effet de surprise est bien moindre qu'au début, ce qui limite également les réactions excessives des investisseurs."
Par ailleurs, "plusieurs navires ont déjà traversé le détroit d'Ormuz pour livrer du pétrole aux principaux marchés", réduisant les tensions immédiates, poursuit-elle.
Enfin, "au cours des trois derniers mois, le marché pétrolier est passé d'un déficit d'offre à un excédent en un temps record, ce qui signifie que dès que les tensions s'apaiseront et que le trafic dans le détroit d'Ormuz sera rétabli, le pétrole recommencera à circuler normalement", affirme Ipek Ozkardeskaya.
"Néanmoins, l'évolution future des prix du pétrole pourrait se répercuter sur les marchés actions et alimenter les inquiétudes", tempère Andreas Lipkow.
- AstraZeneca dans le rouge -
Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca perdait 7,94% vers 13H30 GMT, après l'annonce de l'échec d'un essai clinique de phase III évaluant son médicament Wainua dans une maladie cardiaque rare.
"Il s'agit d'une mauvaise nouvelle pour le FTSE 100, AstraZeneca représentant environ 8% de la capitalisation de l'indice", note Kathleen Brooks, de XTB.
M.Keller--BVZ