Berliner Volks-Zeitung - Fibre Excellence: le gouvernement émet des réserves sur le projet de reprise

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Fibre Excellence: le gouvernement émet des réserves sur le projet de reprise
Fibre Excellence: le gouvernement émet des réserves sur le projet de reprise / Photo: Thibaud MORITZ - AFP/Archives

Fibre Excellence: le gouvernement émet des réserves sur le projet de reprise

Le gouvernement, pressé d'aider à sécuriser le projet de reprise du groupe Fibre Excellence, menacé de liquidation judiciaire, a regretté mercredi que l'offre de relance de l'entreprise portée par ses dirigeants ne s'appuie pas en l'état sur "un réel investisseur industriel".

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"A l'heure à laquelle nous parlons, malheureusement, dans le projet tel qu'il est proposé, je n'ai pas de réel investisseur industriel", a déclaré le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, à l'Assemblée nationale, lors de la séance des questions au gouvernement.

Cette prise de position intervient alors que collectivités locales et syndicats appelaient le Premier ministre Sébastien Lecornu, dans un courrier commun, à agir de façon urgente pour éviter la liquidation de Fibre Excellence.

Propriétaire des deux dernières usines de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), à l'arrêt depuis fin avril, ce groupe a été placé en redressement judiciaire le 27 avril.

Il emploie actuellement 670 salariés et sa disparition fragiliserait une filière de plus de 10.000 emplois, selon les collectivités locales et les syndicats.

Les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), rejointes par les secrétaires généraux de la CGT, de la CFDT et de FO, demandaient donc au Premier ministre de formaliser des "engagements" attendus de l'Etat. Et ce, avant le 17 juin, date d'une nouvelle audience décisive devant le tribunal de commerce de Toulouse.

- Rachat d'électricité -

Collectivités et syndicats se faisaient ainsi l'écho de la direction de Fibre Excellence qui, avec son président, Jean-François Guillot, aux commandes depuis 2019, porte le projet de reprise.

"La réussite au final dépendra de notre engagement sans faille mais également à un moment de décisions politiques que l'on attend" à cet égard, avait déclaré vendredi à l'AFP Thomas Pétreault, directeur des affaires publiques et de la communication de Fibre Excellence.

Un point critique du dossier porte sur l'une des activités secondaires de Fibre Excellence. Outre la pâte à papier, l'entreprise produit de l'électricité à partir de bois et de copeaux, deux matières dont le cours a fortement augmenté ces dernières années, ce qui a rendu déficitaire cette activité annexe, plombant les comptes du groupe.

Le gouvernement a proposé de relever le tarif de rachat de l'électricité par EDF à Fibre Excellence mais cette hausse, qui pourrait sous certaines conditions aller jusqu'à 20%, est jugée insuffisante pour la direction du groupe.

Est également demandée une sécurisation de l'approvisionnement en bois via l'Office national des forêts (ONF) ou encore un accompagnement du projet de reprise, sous la forme de différentes aides.

- "tout mis en oeuvre" -

Mercredi, le ministre n'a pas évoqué devant les députés de nouveaux gestes de l’État.

Sébastien Martin a assuré que "l’État a tout mis en œuvre", mettant en avant sa proposition de hausse du prix de rachat de l'électricité.

Face aux propositions de l’État, a-t-il poursuivi, "j'ai eu droit à un investisseur qui a fermé la porte, car l'entreprise, il la gère depuis l'Indonésie ou depuis le Canada. Moi, maintenant, je veux un investisseur industriel", a-t-il insisté.

L'actionnaire de Fibre Excellence, l'Indonésien Jackson Wijaya, dont la famille dirige le géant indonésien de la papeterie mondiale Asia Pulp and Paper, a jeté l'éponge, faute de rentabilité du groupe, affirmant y avoir investi près de 300 millions d'euros.

Vendredi, dans le cas d'un soutien réaffirmé de l'Etat, la direction se voulait confiante, affirmant avoir notamment avancé sur la reconstitution des fonds propres.

Dans ce volet, le groupe chiffre à 15 millions d'euros l'enveloppe nécessaire et "on est en train de créer un pacte d'actionnaires public/privé sur lequel on a déjà sécurisé, avec l'engagement des régions Occitanie et Sud, huit millions d'euros", assurait M. Pétreault.

Pour ultérieurement relancer l'activité, le besoin de financement est de "45 millions d'euros" et des discussions sont en cours avec des industriels, avait-il déclaré, ajoutant: "on mène tout de front".

P.Koch--BVZ