Droits de douane: Wall Street voit d'un bon oeil la décision de la Cour suprême américaine
La Bourse de New York a pris de l'élan vendredi après la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de juger illégale une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.
Vers 16H20 GMT, le Dow Jones grappillait 0,05%, l'indice Nasdaq prenait 0,52% et l'indice élargi S&P 500 avançait de 0,22%.
Selon la Cour suprême, le chef de l'Etat a outrepassé ses pouvoirs en imposant, sans passer par le Congrès, des droits de douane sur de nombreux produits entrant sur le territoire américaine.
La plus haute juridiction du pays impose ainsi un sérieux revers au président américain sur un élément central de son programme économique.
Les secteurs de l'habillement et de l'ameublement, très dépendants aux importations, ont accueilli positivement cette décision.
Le géant du commerce en ligne Amazon gagnait lui près de 3%.
Pour Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, la décision de la Cour suprême était attendue par les marchés.
Selon lui, "le résultat final sera positif pour le consommateur" notamment en "limitant les pressions inflationnistes sur les produits importés".
La Fédération nationale du commerce de détail a loué une décision apportant "une clarté indispensable" pour les entreprises américaines.
Il reste toutefois à déterminer quels montants les importateurs peuvent prétendre, un aspect qui n'a pas été abordé par la Cour suprême.
Cela va être un "chaos", a prévenu Brett Kavanaugh, un des juges.
Face à la perspective d'une dette américaine encore alourdie, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain se tendait à 4,08% vers 16H20 GMT, contre 4,07% à la clôture la veille.
La place américaine avait ouvert en baisse, freinée parla publication simultanée des derniers chiffres de la croissance américaine et de l'indice d'inflation PCE, qui donnent l'image d'une économie américaine en moins bonne santé qu'escompté.
La première économie mondiale a montré des signes de ralentissement au cours du dernier trimestre 2025, avec une hausse de son produit intérieur brut (PIB) de seulement 1,4% en rythme annualisé (contre 2,5% attendu).
Et l'indice d'inflation PCE, le préféré de la Réserve fédérale (Fed) a encore augmenté, à 2,9% en décembre, loin de la cible de l'institution monétaire.
La banque centrale américaine dispose d'un double mandat: se rapprocher du plein emploi tout en maintenant la hausse des prix à un niveau proche de 2% sur le long terme.
Pour Patrick O'Hare, de Briefing.com, les deux indicateurs économiques publiés avant l'ouverture de Wall Street "vont à l'encontre du discours du marché, qui s'est concentré sur une croissance plus forte et une inflation plus faible".
Au tableau des valeurs, le groupe de pétrochimie Chemours plongeait de 19,16% à 16,50 dollars, ses résultats trimestriels étant mal accueilli par les investisseurs. Lors des trois derniers mois de 2025, le groupe a réalisé un bénéfice net de 5 cents, en deçà des attentes, sur un chiffre d'affaires de 1,33 milliard de dollars, comme escompté.
Le spécialiste du stockage de données en ligne Dropbox (+1,50% à 25,10 dollars) était quelque peu recherché, grâce à des performances trimestrielles légèrement supérieures aux attentes.
E.Ludwig--BVZ