Berliner Volks-Zeitung - Turquie: "Nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts", dénoncent les fonctionnaires

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Turquie: "Nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts", dénoncent les fonctionnaires
Turquie: "Nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts", dénoncent les fonctionnaires / Photo: Adem ALTAN - AFP

Turquie: "Nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts", dénoncent les fonctionnaires

Plusieurs centaines de fonctionnaires ont manifesté mercredi à Ankara pour réclamer de nouvelles hausses de salaires face à l'inflation, supérieure à 30% sur un an.

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Malgré une hausse de 18,6% de leurs salaires au 1er janvier, la plupart des employés des services publics vivent sous le seuil de pauvreté, affirme la Kesk, une des principales confédérations des syndicats de fonctionnaires en Turquie, qui demande un nouveau coup de pouce de 20%.

Depuis le 1er janvier, le salaire minimum des fonctionnaires, allocations familiales incluses, s'élève à 61.890 livres turques (1.230 euros environ).

Mais selon la principale confédération syndicale de Turquie, le seuil de pauvreté pour un ménage de quatre personnes est passé désormais au-dessus de 98.000 livres turques (1.950 euros environ).

De nombreuses familles dépendent d'un seul salaire.

"Nos salaires ne suffisent même plus à couvrir la hausse des loyers !", affirme Ayfer Kocak, la co-présidente de la Kesk, lors d'un rassemblement devant le ministère du Travail à Ankara.

Selon l'institut national de la statistique (Tüik), l'inflation a ralenti à 30,9% en décembre en glissement annuel, après un pic au-delà des 75% au printemps 2024.

Mais les chiffres officiels sont contestés par les syndicats et le groupe d'économistes indépendants Enag selon lequel l'inflation en décembre 2025 a atteint 56,14% sur l'année.

"Le gouvernement condamne les fonctionnaires à vivre dans des conditions insalubres, en se basant sur les données mensongères du Tüik", a affirmé à l'AFP Tülay Yildirim, professeur et dirigeant de la branche locale du syndicat des enseignants Egitim-sen.

"Nous voulons faire entendre la voix des travailleurs, dire que nous n'arrivons pas à joindre les deux bouts et recevoir la part qui nous revient de ce budget (de l'Etat) obtenu grâce aux impôts de tous", a-t-elle ajouté.

"Nous n'avons même pas de quoi nous habiller pour aller travailler, et encore moins nous acheter un costume-cravate. Avec un tel salaire, impossible de vivre dans une grande ville !", a déploré Osman Seheri, dirigeant de la branche locale du syndicat des travailleurs municipaux Tumbelsen, réclamant que les salaires de tous les fonctionnaires dépassent le seuil de pauvreté.

Ch.Franz--BVZ