Berliner Volks-Zeitung - Les partisans du gouvernement taliban célèbrent cinq ans de pouvoir en Afghanistan

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Les partisans du gouvernement taliban célèbrent cinq ans de pouvoir en Afghanistan
Les partisans du gouvernement taliban célèbrent cinq ans de pouvoir en Afghanistan / Photo: Wakil KOHSAR - AFP

Les partisans du gouvernement taliban célèbrent cinq ans de pouvoir en Afghanistan

Des centaines de partisans des dirigeants talibans célèbrent samedi dans les rues de Kaboul le cinquième anniversaire de leur retour au pouvoir en Afghanistan, mais d'autres Afghans, dont des femmes soumises à des "restrictions suffocantes", selon l'ONU, sont restés cloîtrés.

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Sur un rond-point près de l'ex-ambassade américaine à Kaboul, une foule d'hommes et enfants, mais quasiment aucune femme, agitent des drapeaux noir et blanc de l'Emirat islamique d'Afghanistan.

L'ambiance est festive, avec selfies et musique en fond sonore. Motos, bus, voitures et rickshaws ornés de drapeaux croisent des soldats lourdement armés juchés sur des Humvee, véhicules abandonnés par l'armée américaine et ses alliés afghans lors de leur retrait en 2021.

Certains exhibent des bidons de plastique jaune, comme ceux bourrés d'explosifs utilisés contre les forces de l'ex-République afghane et de la coalition occidentale.

Ce "jour de la Victoire (...) restera gravé en lettres d'or dans l'Histoire de l'Afghanistan", a déclaré sur X le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid.

 

"Une peine immense m'envahit. Pour arriver au pouvoir, ils ont rendu des milliers de femmes veuves et privé des milliers d'enfants comme les miens de père", témoigne-t-elle auprès de l'AFP anonymement pour raisons de sécurité.

- "Calme et paix" -

Le 15 août 2021, 20 ans après en avoir été chassées par les Américains, les forces talibanes entraient sans résistance dans Kaboul, entraînant la fuite du gouvernement.

Des milliers d'Afghans craignant leur vision ultra-rigoriste de l'islam, tentaient désespérément de fuir via l'aéroport de Kaboul, s'accrochant même à des avions au décollage.

Le 30 août 2021, le dernier soldat américain quittait l'Afghanistan, mettant fin à la plus longue intervention militaire des Etats-Unis, déclenchée en réaction aux attentats du 11 septembre 2001.

"Un point final a été mis à 20 ans d'occupation, C'est un jour d'honneur et de fierté", confie un fonctionnaire de 32 ans, sous anonymat car tenu à la réserve, près de l'ex-ambassade américaine.

"Avec l'arrivée de l'Emirat islamique, je ressens la paix et le calme", souligne Asif Khan Barakzai, 21 ans.

Uniquement reconnu par la Russie, le gouvernement taliban se targue d'avoir amélioré la sécurité pour une population traumatisée par 40 ans de guerres.

Ce qui permet aussi "aux pays étrangers d'investir", a souligné samedi dans un message le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Zia Ahmad Takal.

Le ministre des Affaires étrangères taliban, Amir Khan Muttaqi, a même invité, dans un entretien au New York Times, les Américains "à rouvrir leur ambassade et investir".

Malgré une croissance de 4,8% en 2025, le niveau de vie recule en raison du retour de plus de six millions d'Afghans d'Iran et du Pakistan, selon la Banque mondiale.

- "Restrictions suffocantes" -

Le réchauffement climatique et la guerre avec le Pakistan qui a tué des centaines de civils et interrompu les échanges commerciaux, aggravent la crise. Près de 14 millions d'Afghans sont en situation de faim aiguë, selon l'ONU.

"Les Afghans ont subi au cours des cinq dernières années l'introduction et la consolidation de restrictions suffocantes dans presque chaque domaine de leur vie", souligne Fiona Frazer, directrice pour les droits humains à la mission de l'ONU en Afghanistan.

Parmi elles, obligation de porter la barbe pour les hommes, de se couvrir de la tête au pied pour les femmes, détention de journalistes, châtiments corporels...

Les filles et femmes subissent les pires restrictions, bannies des parcs, salles de sport et de nombreux emplois.

L'Afghanistan est le seul pays au monde à leur interdire de suivre des études secondaires ou universitaires. Deux hauts responsables talibans, dont leur chef suprême Hibatullah Akhundzada, sont visés par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour "persécution" des femmes.

Samedi, S., étudiante de 23 ans qui suit des cours en ligne est restée chez elle à Kaboul. "Ces cinq ans ont été si terribles que je me sens comme une femme de 500 ans (...) condamnée à vivre dans une tombe", confie-t-elle à l'AFP anonymement pour raisons de sécurité.

Les femmes afghanes sont "abandonnées", a déclaré à l'AFP à Londres Zahra Joya, une journaliste ayant fui Kaboul en 2021, appelant à "la solidarité".

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P.Jahn--BVZ