Judo: à 20 ans, Boulemtafes confirme son émergence avec un premier podium mondial
Sur sa lancée des Championnats d'Europe, le Français Dayyan Boulemtafes a décroché à 20 ans la première médaille planétaire de sa carrière en décrochant le bronze des -73 kg, mardi aux Mondiaux de judo de Bakou.
Boulemtafes a battu dans son combat pour le bronze l'Israélien Yehonatan Elbaz par ippon et a immédiatement fondu en larmes en réalisant ce qu'il venait d'accomplir.
Une heure après, l'émotion était déjà beaucoup plus retenue lorsqu'il a mesuré le chemin parcouru: "Cette médaille représente vraiment le travail que j'effectue depuis trois mois, je me suis vraiment préparé à fond pour ces Championnats du monde. Et puis plus généralement, le travail de toute ma vie."
Le Français, qui honorait sa première sélection sur des Mondiaux seniors, s'était révélé en avril dernier en remportant déjà le bronze au niveau européen.
"C'est très bien, à 20 ans, de faire médaille de bronze aux Europe et aux Monde. Ça aspire à aller chercher un peu plus haut. C'est encourageant", a apprécié son entraîneur en bleu Franck Chambily, qui qualifie son poulain d'"atypique" avec un haut du corps plutôt souple et relâché et de grosses qualités physiques au niveau des jambes.
Fort de ce premier podium mondial, Boulemtafes confirme et se place en concurrent sérieux de son compatriote Joan-Benjamin Gaba, tenant du titre, qui a été sorti dès le premier tour mardi, et qu'il avait battu à l'Euro.
"Je pense qu'on est sur un début de carrière qui se passe vraiment très bien", a-t-il affirmé. "Il y a quelques mois, j'aurais difficilement imaginé être là où je suis."
Après quatre combats appliqués mais aussi éprouvants physiquement et mentalement, le pensionnaire du Paris SG a buté sur le Japonais Ryuga Tanaka en demi-finale, une défaite qui lui a laissé quelques regrets.
"J'étais venu quand même pour faire champion du monde. Et ça fait une grosse différence d'être champion du monde plutôt que d'être médaillé mondial", a-t-il reconnu.
"C'est dur de perdre une demi-finale, de se remobiliser pour une place de trois. Après, c'est les Championnats du monde, donc j'ai quand même trouvé les ressources nécessaires. Franchement, avec la journée que j'ai faite, je ne me voyais pas repartir sans médaille."
- Gaba trop juste -
Au troisième jour de compétition, Boulemtafes, qui évoluait encore dans les rangs juniors il y a deux ans, apporte aux Bleus leur deuxième médaille de la semaine après le bronze de Shirine Boukli en -48 kg dimanche.
Plus tôt, Joan-Benjamin Gaba avait donc connu une désillusion dès son entrée en lice.
En manque de préparation après une blessure à une épaule, le vice-champion olympique de Paris a été battu au premier tour. Après de longues minutes de prolongation, il a cédé d'un yuko face au Bulgare Victor Skerlev.
La journée du camp français a également été marquée par la blessure de Sarah-Léonie Cysique en -57 kg.
La judoka de 28 ans a chuté sur le haut du crâne en demi-finale et n'a pas réussi à se relever dans la foulée. Un médecin a alors été appelé pour lui installer un collier cervical avant qu'elle ne soit évacuée du tatami sur une civière. Elle a été contrainte de déclarer forfait pour son combat pour le bronze.
Mercredi, la compétition se poursuit avec l'entrée en piste de Clarisse Agbégnénou en -63 kg. La championne olympique de Tokyo vise un septième titre mondial, un défi monumental à peine sept mois après avoir accouché de son deuxième enfant.
V.Simon--BVZ