Berliner Volks-Zeitung - Champions Cup: Ben Tameifuna, le pilier totem de l'UBB

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Champions Cup: Ben Tameifuna, le pilier totem de l'UBB
Champions Cup: Ben Tameifuna, le pilier totem de l'UBB / Photo: ROMAIN PERROCHEAU - AFP

Champions Cup: Ben Tameifuna, le pilier totem de l'UBB

Ses entrées fracassantes en +impact-player+, ses charges dévastatrices et sa rudesse dans les rucks ont fait du pilier Ben Tameifuna une icône de Bordeaux-Bègles, lancé vers un deuxième titre continental samedi contre le Leinster.

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A l'applaudimètre du stade Chaban-Delmas, il fait le match avec les deux autres chouchous des lieux, Maxime Lucu, le demi de mêlée basque et capitaine adoubé, et Matthieu Jalibert, l'enfant du cru si inspiré à l'ouverture.

Cela fait six ans que le colosse du Pacifique (1,82 m, 145 kg fluctuants) a posé ses valises en Gironde où cet ambianceur a rapidement géré la sono dans le vestiaire.

A 34 ans, il y vit une période faste comme il en a connu plusieurs dans sa carrière débutée par un titre de champion du monde U20 avec les +Baby Blacks+ néo-zélandais en 2011, suivi de deux Super Rugby remportés avec les Chiefs en 2012 et 2013.

Puis, il y a eu un double grand saut: vers l'Europe et le Racing 92 qu'il mène la première année au titre de champion de France et en finale de Champions Cup en 2016, et vers les Tonga, dont sa famille est originaire, qu'il a décidé de représenter à partir de 2017.

- Cocon idéal -

Il est devenu leur capitaine emblématique (43 sélections, 2 Coupes du monde disputées), leur porte-voix médiatique comme lorsque l'éruption du volcan Hunga Tonga avait isolé cet archipel en 2022 et coupé toute communication avec le reste du monde, leur porte-drapeau qu'il arbore fièrement lors de chaque finale disputée avec l'UBB ou accroché à une vitre de son 4x4.

A Bordeaux où il est fréquent de le croiser à vélo tractant ses enfants dans une remorque, il a trouvé le cocon idéal et une équipe en progression constante dont il s'est fait tatouer le nom sur le mollet après la victoire en Champions Cup l'an dernier.

Tameifuna, c'est un nom dans le rugby et aussi des surnoms: "Big Ben", "The King of Tonga". "Il en a un million", disait de lui l'an dernier Jerome Kaino, l'ancien 3e ligne All Black aujourd'hui dans le staff de Toulouse.

Celui qui lui sied le mieux cette saison est +le Roi du money-time+ au regard de ses performances en Champions Cup: remplaçant contre Leicester (64-14) en 8es de finale, Toulouse (30-15) en quarts et Bath (38-26) en demies, il a marqué un essai lors de chacune de ses entrées.

Si les deux derniers ont été inscrits en partant des 5 mètres adverses, son terrain de chasse préféré où sa puissance le rend irrésistible, celui face aux Tigers a marqué les esprits avec un premier relais plein axe suivi d'un +offload+, puis un second tout droit sur plus de 20 mètres où il a renversé deux adversaires et fini dans l'en-but.

- Créateur d'énergie -

De quoi faire rugir Chaban, friand de ses charges. Après l'une d'elles face à Bayonne en 2024, Lucu avait rigolé: "Il avait l'étoile de Mario (atout rendant invulnérable)".

Ses grattages entretiennent aussi sa légende, comme face à Toulouse en avril ou face au Racing 92 - qui rumine encore de l'avoir laissé filer à Bordeaux - à l'ultime minute d'un barrage en 2021 offrant la pénalité de la gagne à ses nouvelles couleurs, synonyme de première demi-finale de l'UBB en Top 14.

"Big Ben crée de l'énergie dans le stade, dans l'équipe, il aime ce rôle-là et il apporte beaucoup à l'équipe", se félicitait son manager Yannick Bru après la demie face à Bath.

Entraîneur des trois-quarts, Noel McNamara le surnomme "Skillful" (mélange d'habileté, compétences et talent), en pointant la "grande personnalité d'un homme spécial, attachant, connecté avec tout le monde, apprécié par tout le monde. C'est un peu le totem".

Qui en a encore en réserve. "On a un lancement où il joue au pied, mais on ne l'a pas encore sorti en match", sourit McNamara. Et pourquoi pas face au Leinster ?

Ch.P.Wagner--BVZ