Tour du Pays basque: Seixas attaque... en descente et creuse encore
Décidément doué partout, Paul Seixas est passé à l'attaque dans la dernière descente de la 4e étape du Tour du Pays basque, jeudi à Galdakao, pour conforter encore son maillot jaune de leader.
L'offensive osée du phénomène français, qui s'est extirpé d'un peloton naviguant à plus d'une minute des premiers échappés, n'a pas suffi pour rattraper le vainqueur du jour, Alex Aranburu, coureur basque de l'équipe Cofidis fou de joie de s'imposer sur ses terres.
Mais elle lui permet d'étendre un peu plus son emprise sur une course qui peut le propulser dans une nouvelle dimension encore.
A deux étapes (de montagne) de la fin, le leader de Decathlon CMA CGM a, grâce à ce "coup", grappillé vingt secondes sur ses principaux rivaux. Et compte désormais une avance de 2:19 sur Primoz Roglic et 2:28 sur Florian Lipowitz, les deux leaders de la formation Red Bull Bora, ses premiers concurrents après l'abandon de Juan Ayuso au lendemain de celui d'Isaac del Toro.
Un matelas confortable qui le place en position idéale pour devenir samedi soir le premier Français à remporter une course par étapes World Tour (1re division) depuis Christophe Moreau au Dauphiné en 2007... une éternité.
"Je me sens confiant, je me sens solide, je récupère bien. Jusqu'à maintenant ils (ses rivaux) n'ont pas réussi à me faire mal... enfin à me faire céder", a commenté le Lyonnais de 19 ans, tranquille comme Baptiste avant l'étape-reine samedi (4.000 m de dénivelé sur 176 km).
Après avoir remporté la première étape en contre-la-montre et la deuxième dans un col, Seixas, finalement huitième jeudi à 14 secondes d'Aranburu, a étalé une autre facette de son talent en attaquant dans la descente de la côte de Legina, dont le sommet était placé à moins de 9 km de l'arrivée.
- "Un bon niveau en descente" -
Normalement un leader d'une course par étapes ne devrait pas faire ça et plutôt gérer son avantage. Mais Seixas avait d'autres projets.
"Je connaissais la descente, je l'avais repérée avec l'équipe, et je me suis dit que je pouvais tenter le coup, sachant qu'ils n'avaient pas tous un excellent niveau en descente. Je m'en foutais de la gagne aujourd'hui. Je voulais juste reprendre du temps pour leur mettre si possible un petit coup au moral."
Une manière aussi de répondre au harcèlement de Roglic et surtout Lipowitz qui avaient multiplié les offensives sans troubler le jeune Français, protégé par garde rapprochée, emmenée par Matthew Riccitello et Léo Bisiaux.
"Je savais qu'ils (Roglic et Lipowitz) allaient vouloir m'attaquer aujourd'hui, honnêtement je ne pensais pas de si loin, mais voilà j'ai contrôlé, je ne me suis pas affolé, je voulais en garder pour le final", où il est parti à l'abordage sans prise de risque excessive, a-t-il assuré.
"Je savais qu'il n'y avait pas de piège donc je me suis fait confiance. En ce moment, j'ai un bon niveau de descente. C'est quand même assez psychologique la descente, il y a des phases de l'année où je me sens mieux que d'autres. Sur cette course je me sens vraiment à l'aise."
Sur tous les terrains.
M.Keller--BVZ