Berliner Volks-Zeitung - En Inde, espoir autour d'un vaccin contre la dengue dans sa phase finale d'essais

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En Inde, espoir autour d'un vaccin contre la dengue dans sa phase finale d'essais
En Inde, espoir autour d'un vaccin contre la dengue dans sa phase finale d'essais / Photo: Arun SANKAR - AFP

En Inde, espoir autour d'un vaccin contre la dengue dans sa phase finale d'essais

Un vaccin à dose unique contre la dengue entre dans sa dernière phase d'essais en Inde, suscitant l'espoir d'un remède efficace contre cette maladie transmise par les moustiques en forte recrudescence dans le monde.

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Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la moitié de la population mondiale est aujourd'hui exposée au risque de dengue, responsable de 100 à 400 millions d'infections chaque année.

Le virus peut provoquer forte fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, nausées et éruptions cutanées. Dans de rares cas, il peut être mortel.

A l'heure actuelle, l'OMS ne recommande qu'un seul vaccin contre la dengue - le Qdenga, produit par le japonais Takeda - pour les enfants âgés de 6 à 16 ans vivant dans des zones à forte transmission. Il nécessite deux doses.

Par ailleurs, un premier vaccin à dose unique contre cette maladie virale a été approuvé par le Brésil fin 2025.

Aucun n'est disponible en Inde, alors que le pays le plus peuplé de la planète - près de 1,5 milliard d'habitants - a recensé depuis 2021 plus d'un million de cas et au moins 1.500 décès.

Mais, après quelque 15 années de recherche, le groupe pharmaceutique indien Panacea Biotec a entamé la phase finale des essais cliniques de son vaccin, DengiAll.

Il sera testé sur plus de 10.000 volontaires à travers le pays, qui recevront soit le vaccin, soit un placebo. Les résultats sont attendus en fin d'année.

"Nous allons essayer de rendre ce vaccin disponible le plus rapidement possible", déclare à l'AFP Syed Khalid Ali, le directeur scientifique de Panacea Biotec.

- "Encore trop tôt" -

Selon Ekta Gupta, professeure de virologie à l'Institut des sciences du foie et des voies biliaires à New Delhi, la dengue est désormais considérée comme hyper-endémique en Inde.

"Ce vaccin est vraiment nécessaire à l'heure actuelle pour limiter le nombre de cas ou au moins en prévenir les formes graves", souligne-t-elle.

Lors de la mousson estivale, la hausse des températures et les fortes précipitations favorisent la prolifération du moustique tigre et entraînent généralement une augmentation des cas.

Les hôpitaux se retrouvent souvent débordés et, dans les régions rurales, les patients sont diagnostiqués tardivement et disposent d'un accès insuffisant aux soins.

A l'image du vaccin mis au point au Brésil, DengiAll serait capable de cibler les quatre types de virus de la dengue, qui circulent simultanément en Inde. Un défi de longue date, l'immunité acquise contre une souche ne protégeant pas contre les autres.

Le vaccin doit encore être approuvé par les autorités sanitaires pour être rendu disponible dans le pays.

Dans les laboratoires de Panacea BiotecPriyanka Priyadarsiny, responsable recherche et développement, explique que "ce n'est qu'après avoir satisfait aux spécifications réglementaires qu'un produit peut être considéré comme une substance pharmaceutique".

Syed Khalid Ali affirme que DengiAll pourrait être administré aux personnes âgées de 1 à 60 ans et devrait leur offrir une protection durable.

Des experts soulignent qu'un vaccin efficace et fabriqué en Inde pourrait être déployé à grande échelle dans nombre d'autres pays à faible revenu.

Le virologue et chercheur à l'université d'Oxford Shahid Jameel a averti que l'incidence de la dengue pourrait augmenter de 50 à 75% d'ici 2050, le virus se propageant rapidement sous l'effet du changement climatique et de la mondialisation.

"Des essais de phase III et un suivi sont nécessaires pour savoir (...) s'il est sûr et efficace", rappelle le virologue. "Il est encore trop tôt, mais l'avenir laisse entrevoir des perspectives."

L.Braun--BVZ