Berliner Volks-Zeitung - Les Bulgares votent pour une présidentielle entre craintes sécuritaires et divisions sur la guerre en Ukraine

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Les Bulgares votent pour une présidentielle entre craintes sécuritaires et divisions sur la guerre en Ukraine
Les Bulgares votent pour une présidentielle entre craintes sécuritaires et divisions sur la guerre en Ukraine / Photo: Nikolay DOYCHINOV - AFP

Les Bulgares votent pour une présidentielle entre craintes sécuritaires et divisions sur la guerre en Ukraine

Les Bulgares ont commencé à voter dimanche pour élire leur président, dans un scrutin marqué par les inquiétudes sécuritaires, après une série d'attaques de drones contre des navires marchands en mer Noire, près de leurs côtes.

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Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (05H00 GMT), et ferment à 20H00 (18h00 GMT).

La présidente sortante, Iliana Iotova, favorable au dialogue avec Moscou et opposée à l'aide militaire à l'Ukraine, fait figure de favorite de ce scrutin.

Selon quatre sondages publiés depuis mercredi, la dirigeante, qui a fêté ses 62 ans samedi, recueille de 41,1% à 47,3% des intentions de vote, contre 27,8% à 30,6% pour Andrey Gyurov, 50 ans, ancien Premier ministre par intérim soutenu par l'opposition pro-occidentale.

Le chef du parti d'extrême droite pro-russe Vazrazhdane (Renaissance), Kostadin Kostadinov, arrive troisième, avec 10,2% à 12,8%.

En cas de victoire, Mme Iotova deviendrait la première femme élue au suffrage universel à la présidence de ce pays balkanique de 6,4 millions d'habitants.

Elle conforterait surtout le Premier ministre, Roumen Radev, auquel elle avait succédé en janvier après sa démission pour se lancer dans la bataille des législatives et qui lui aussi prône le dialogue avec Moscou.

Ancienne journaliste et figure du Parti socialiste, elle a siégé au Parlement européen avant d'être élue vice-présidente aux côtés de M. Radev en 2016 et 2021.

Jouant sur la corde patriotique, elle a lancé sa campagne devant l'église d'Or de Veliki Preslav, ancienne capitale du Premier Empire bulgare.

Elle a également multiplié les appels à l'unité nationale et à la lutte contre la pauvreté, et fait de la fin de la guerre en Ukraine un thème central, promettant d'être une "présidente de la paix".

Sans remettre en cause l'appartenance de la Bulgarie à l'UE et à l'Otan, la dirigeante critique la poursuite de l'aide militaire à l'Ukraine et plaide pour des négociations entre Moscou et Kiev.

"Nous n'avons pas besoin d'une Coalition des volontaires pour l'Ukraine, mais d'une Coalition pour la paix en Ukraine", a-t-elle déclaré lors d'un meeting, en visant l'alliance des pays européens qui soutiennent Kiev.

Pour Irina Ilieva, une électrice de 85 ans, la guerre est la principale préoccupation.

"Quelle que soit la personne élue (...) elle devra tout mettre en œuvre pour que les problèmes soient résolus pacifiquement", a déclaré cette enseignante à la retraite lors d'un rassemblement d'Iliana Iotova à Dimitrovgrad (sud).

Les 6 et 13 octobre, quatre navires marchands ont été frappés par des drones au large de la Bulgarie, faisant 21 disparus. Roumen Radev a convoqué l'ambassadrice russe, jugeant ces attaques favorables aux intérêts de Moscou, tout en se refusant à désigner formellement un coupable faute de preuves tangibles selon lui.

Il a sollicité l'aide de ses alliés de l'Otan, notamment pour renforcer la surveillance aérienne. Un avion de patrouille américain P-8 Poseidon est intervenu.

- "Allié fiable" -

Historiquement proche de la Russie, la Bulgarie reste profondément divisée quant à ses relations avec Moscou.

Au total, 27 binômes briguent la présidence et la vice-présidence lors de ce premier tour, dont près de la moitié sont ouvertement favorables au Kremlin.

Pour le politologue Parvan Simeonov, cette présidentielle oppose deux visions de la Bulgarie, l'une "conservatrice, populaire et tournée vers l'Est", l'autre "occidentale, élitiste et libérale".

Face à Iliana Iotova, Andrey Gyurov, ancien vice-gouverneur de la banque nationale et ancien Premier ministre par intérim, a déclaré vouloir être "un allié fiable au sein de l'Otan, qui défend ses intérêts grâce à une préparation solide, une diplomatie forte et des positions claires", mercredi à Plovdiv, lors de son dernier meeting de campagne.

Venu l'écouter, Toros Torosian, 57 ans, galeriste et historien de l'art, estime que ces élections sont "décisives pour la Bulgarie, pour nos enfants et pour chaque Bulgare". "La Bulgarie se trouve à un moment crucial, car le rapport de forces penche en faveur des courants prorusses", a-t-il déclaré à l'AFP.

Pour Vessela Tcherneva, directrice adjointe du Conseil européen pour les relations internationales, "en cette période de bouleversements, le président bulgare devra choisir entre ménager les intérêts russes, américains, turcs et d'autres puissances, ou renforcer l'influence de son pays au sein de l'UE en contribuant à des politiques européennes plus fortes".

rb/oaa/bfi

P.Fuchs--BVZ