Berliner Volks-Zeitung - Au Maroc, la campagne pour les législatives s'ouvre sous le signe des fractures sociales

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Au Maroc, la campagne pour les législatives s'ouvre sous le signe des fractures sociales
Au Maroc, la campagne pour les législatives s'ouvre sous le signe des fractures sociales / Photo: Abdel Majid BZIOUAT - AFP/Archives

Au Maroc, la campagne pour les législatives s'ouvre sous le signe des fractures sociales

La campagne pour les législatives du 23 septembre s'ouvre jeudi au Maroc, où la coalition gouvernementale dirigée par l'homme d'affaires Aziz Akhannouch joue son avenir sur fond d'inégalités persistantes.

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Les partis ont lancé leur offensive sur les réseaux sociaux pour promouvoir leurs programmes et conquérir les près de 16 millions d'électeurs inscrits, dont 46% de femmes, appelés à désigner les 395 députés de la Chambre des représentants.

Les disparités sociales et territoriales s'annoncent comme l'un des enjeux majeurs de la campagne, dans un royaume où le chômage frappe durement les jeunes et où même le roi Mohammed VI a dénoncé le développement "à deux vitesses".

L'enjeu, récurrent depuis une décennie, a brutalement refait surface fin juillet avec l'afflux de dizaines de milliers de migrants - en majorité des Marocains - vers l'enclave espagnole de Ceuta.

Auparavant, les mobilisations du collectif de jeunes GenZ 212, dont le premier anniversaire tombera quatre jours après le scrutin, avaient déjà mis en lumière le mécontentement d'une partie de la jeunesse marocaine.

- "Mirobolantes promesses" -

Les partis devront tenter de répondre à ce malaise sur fond de désaffection électorale des plus jeunes, les 18-24 ans ne représentant que 3% des inscrits.

Dans l'opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD), formation islamiste conservatrice dirigée par l'ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, compte justement capitaliser sur ces frustrations. En faisant de la lutte contre la corruption l'un des axes centraux de sa campagne, il espère rebondir après sa déroute de 2021.

Avant même le lancement de la campagne, les formations politiques ont fait de "mirobolantes promesses financières afin de gagner des électeurs souvent désorientés devant la similitude" des propositions, décrit le site d'information Le360 dans une revue de presse.

"Les programmes présentés par les candidats dégoulinent d'engagements sociaux et économiques tous plus alléchants les uns que les autres", mais "le flou" persiste sur les moyens de les financer, souligne-t-il.

Dans l'hebdomadaire TelQuel, le politologue Abdellah Tourabi regrette de son côté que la campagne manque de réels débats politiques.

Le scrutin "a été vidé de son minimum vital de confrontation d'idées", estime-t-il, en le qualifiant de "pur concours de notables".

- RNI vs PAM? -

Au Maroc, le chef du gouvernement est issu du parti arrivé en tête des législatives. Nommé par le roi, il est chargé de former un exécutif pour cinq ans, même si les grandes orientations des secteurs stratégiques demeurent l'apanage du monarque.

Parmi les principales forces en lice, le Rassemblement national des indépendants (RNI) espère conserver la première place acquise en 2021 et décrocher un deuxième mandat à la tête du gouvernement, malgré le retrait d'Aziz Akhannouch de la direction du parti.

Le scrutin fera figure de test pour le bilan de cinq années au pouvoir de la formation du riche homme d'affaires et actuel Premier ministre.

Le Parti authenticité et modernité (PAM), fondé en 2008 par le conseiller royal Fouad Ali El Himma avant que celui-ci ne s'en retire, figure parmi les principaux concurrents du RNI.

L'un de ses visages les plus en vue est Fouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, dont la stature politique s'est renforcée avec les préparatifs du Mondial-2030 organisé par le Maroc, l'Espagne et le Portugal.

Enfin, l'Istiqlal (PI), formation historique solidement implantée dans les territoires, vise lui aussi la première place et cherche à se démarquer dans un paysage politique largement dominé par la rivalité entre le RNI et le PAM.

A.Kaufmann--BVZ