Trump prévient que l'Iran paiera pour la mort de soldats américains
Donald Trump a menacé lundi l'Iran de payer le prix fort pour chaque soldat américain tué au Moyen-Orient, son homologue iranien évoquant pour sa part une "guerre totale" face aux Etats-Unis.
L'armée américaine a annoncé avoir repris ses frappes sur l'Iran pour la dixième nuit consécutive, tandis que les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen agitaient le spectre d'un élargissement du conflit avec l'annonce d'un blocus maritime de leur voisin saoudien.
Cette mesure menacerait la capacité du premier exportateur de pétrole brut au monde à contourner le détroit d'Ormuz, au coeur de la guerre, et pourrait provoquer une "escalade régionale encore plus grande" s'est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l'ONU.
Vivement condamnée par Ryad, cette annonce d'un blocus du détroit de Bab el-Mandab fait craindre "un choc bien plus important" en raison de sa simultanéité avec celui d'Ormuz, a prévenu Andreas Krieg, expert en sécurité au King's College de Londres.
Bien que les Houthis n'aient pas précisé comment ils comptaient mettre en place ce blocus, leur annonce ainsi que la reprise des hostilités, d'une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d'avril, ont amené les prix du pétrole à terminer en hausse lundi.
- Efforts diplomatiques -
Depuis une semaine, le spectre des bombardements américains sur l'Iran a dépassé largement les régions auxquelles ils étaient cantonnés, près du Golfe, après la reprise des hostilités le 7 juillet, pour toucher notamment le centre et le nord-ouest, selon des responsables locaux.
Des frappes ont ainsi été rapportées lundi à Bouchehr où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement.
En réponse aux frappes américaines, Téhéran a visé ses voisins du Golfe, dont le Koweït et Bahreïn, alliés de Washington, mais aussi la Jordanie.
Le royaume a indiqué lundi soir avoir abattu trois nouveaux missiles iraniens le visant après l'activation de sirènes d'alerte.
"La réalité est qu'aujourd'hui, la République islamique d'Iran fait face à une guerre totale" menée par les Etats-Unis, a déclaré le président Massoud Pezeshkian.
Selon le dernier bilan officiel iranien, publié vendredi, au moins 50 morts et plus de 500 blessés ont été décomptés depuis la reprise des combats.
Côté américain, trois soldats ont été récemment tués en Jordanie et en Irak, les premiers depuis les nouvelles violences, portant à 17 le total des militaires américains décédés depuis le début de la guerre en février.
Pour chaque soldat tué, l'Iran payera "plusieurs fois" le prix, a affirmé lundi Donald Trump sur Truth Social.
La reprise des hostilités entre les deux pays a fait voler en éclats le protocole d'accord signé le 17 juin et qui devait mener à la paix, après le déclenchement de la guerre par une offensive israélo-américaine le 28 février.
Pour autant, les efforts diplomatiques se poursuivent entre Téhéran et Washington via les pays médiateurs, a indiqué lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.
Le ministre de l'Intérieur iranien, Eskandar Momeni, est arrivé lundi pour une visite de deux jours au Pakistan, l'un des médiateurs avec le Qatar et Oman, a annoncé Islamabad.
- "Protéger le transport" -
Au coeur des contentieux demeure le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures et dont le protocole d'accord prévoyait la réouverture.
Depuis la reprise des hostilités, l'Iran a de nouveau verrouillé son passage, et les Etats-Unis ont réimposé en représailles leur blocus des ports iraniens.
"Nous ne devons pas permettre que cette voie maritime soit à nouveau détournée de son usage premier pour menacer la sécurité et les intérêts nationaux de l'Iran", a affirmé lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne.
Deux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz de façon "non-autorisée" ont "explosé" et ont été arrêtés lundi, après que quatre navires ont été "immobilisés" la veille, selon les Gardiens iraniens.
D'après l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, deux navires ont aussi été frappés au large d'Oman et des Emirats arabes unis.
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C.Seifert--BVZ