Berliner Volks-Zeitung - L’ONU affirme qu’un garçon a été abattu lors d’une manifestation pour les droits des femmes afghanes

Berlin -

DANS LES NOUVELLES

L’ONU affirme qu’un garçon a été abattu lors d’une manifestation pour les droits des femmes afghanes
L’ONU affirme qu’un garçon a été abattu lors d’une manifestation pour les droits des femmes afghanes / Photo: Mohsen KARIMI - AFP

L’ONU affirme qu’un garçon a été abattu lors d’une manifestation pour les droits des femmes afghanes

L’Organisation des Nations unies a déclaré mercredi qu’un garçon avait été abattu lors d'un rassemblement pour les droits des femmes la veille dans la ville d'Hérat en Afghanistan, des témoins ayant indiqué à l’AFP que les forces de sécurité avaient dispersé les manifestants en tirant à balles réelles.

Taille du texte:

La police a nié que des armes aient été utilisées lors de la manifestation de mardi, qui rassemblait des dizaines d’hommes protestant contre la détention de femmes par la police des mœurs du gouvernement taliban pour ne pas avoir porté le tchador ou la burqa, des vêtements couvrant entièrement le corps.

La mission de l’ONU en Afghanistan (MANUA) s’est dite "alarmée par l’usage excessif de la force par les forces de sécurité de facto en Afghanistan" contre des habitants qui protestaient.

"La MANUA a confirmé qu’au moins une personne, un garçon, a été tuée par balle, tandis que plusieurs autres ont été blessées après avoir été battues à coups de bâton, et vérifie des informations faisant état d’une deuxième victime", a indiqué la mission dans un communiqué.

Deux témoins ont déclaré à l’AFP qu’ils avaient vu les forces de sécurité ouvrir le feu, tandis que l’un d’eux a affirmé avoir également assisté à l'utilisation de bâtons et de fouets.

Saeed Masoud Hussaini, porte-parole de la police de Hérat, a accusé mardi les manifestants de chercher "à troubler l'ordre public".

Des personnes "ont tenté de se rassembler et de créer des tensions sous prétexte de protester contre des questions liées au respect du code vestimentaire du hijab", a-t-il déclaré à l’AFP. "Grâce à la présence rapide des forces de sécurité, la situation a été entièrement maîtrisée et une escalade supplémentaire des tensions a été évitée", a-t-il ajouté.

La MANUA a documenté l’arrestation d’au moins 30 femmes à Hérat "pour avoir, selon les accusations, enfreint les instructions relatives au code vestimentaire".

Le ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice, qui déploie des agents de la police des mœurs chargés de faire appliquer la loi, n’a pas commenté la détention de femmes à Hérat pour non-respect du code vestimentaire, malgré les sollicitations de l’AFP.

Dans tout l’Afghanistan, les femmes doivent être presque entièrement couvertes lorsqu’elles sortent de chez elles, beaucoup portant une abaya ample, un foulard musulman et un voile couvrant le visage.

P.L.Graf--BVZ