"Déroutant": les pays de l'Otan cherchent à comprendre les annonces de Trump
Les pays européens de l'Otan, désorientés par les dernières annonces de la Maison Blanche sur la présence militaire américaine en Europe. espéraient obtenir vendredi en Suède quelques éclaircissements de la part des Etats-Unis.
La situation actuelle est plutôt "déroutante", a jugé la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, hôte de cette réunion des chefs de la diplomatie de l'Otan à Helsingborg, dans le sud de la Suède. "Ce n'est pas toujours facile de s'y retrouver".
Donald Trump a une nouvelle fois pris par surprise ses alliés européens en annonçant jeudi l'envoi de quelque 5.000 soldats supplémentaires en Pologne, après avoir annoncé début mai le retrait de 5.000 militaires américains en Allemagne.
Cela n'avait rien de "punitif", a assuré sur ce point le secrétaire d'Etat américain Marc Rubio, peu avant le début de cette réunion en Suède, la première pour ce pays, membre de l'Otan depuis seulement 2024.
"Bien sûr, je salue cette annonce", a réagi le secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte.
- La Pologne satisfaite -
"Tout est bien qui finit bien", a jugé de son côté le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sirkoski.
Les pays européens de l'Otan, s'ils reconnaissent désormais le caractère inéluctable d'un désengagement américain en Europe, souhaitent néanmoins qu'il se fasse sans trop de surprises.
"Ce qui est important, c’est que cela se fasse de manière structurée, afin que l’Europe puisse se renforcer lorsque les États-Unis réduisent leur présence", a ainsi souligné le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide.
Les Européens cherchent aussi à tourner la page après la volée de bois vert que leur a infligée Donald Trump au début de la guerre au Moyen-Orient.
Un des enjeux de cette réunion à Helsingborg, "c’est de savoir si on sort du moment punition ou pas", a résumé cette semaine un diplomate européen à Bruxelles.
Le président américain ne décolère pas depuis que les Européens ont refusé de s'engager à ses côtés dans la guerre qu'il a lancée avec Israël contre l'Iran.
- L'Otan ne fait rien -
"Les positions du président traduisent, à vrai dire, une déception à l’égard de certains de nos alliés de l’Otan et de leur réaction à nos opérations au Moyen-Orient", a souligné Marco Rubio, joutant qu'il faudrait y "répondre".
Les Européens ne sont pourtant pas resté inactifs. Ils "ont entendu le message", a assuré M.Rutte.
Des navires de guerre ont été prépositionnés aux abords du détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran, dans le cadre d'une coalition internationale mise en place par Londres et Paris.
L'Otan pourrait également jouer un rôle, même si aucune décision n'a encore été prise, et qu. Donald Trump ne cesse de réclamer de ses alliés européens qu'ils agissent pour rouvrir cette voie maritime stratégique, par laquelle transite un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Il exige aussi que les Européens prennent davantage en charge leur propre sécurité.
- Salve de contrats -
Au moment où les États-Unis d'Amérique réévaluent le niveau de leur présence en Europe, "c'est précisément l'opportunité pour la France et pour les Européens d'y développer leur vision, développer leur capacité, bref, d'européaniser l'Otan", a ainsi jugé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Et pour mieux rassurer les Américains sur leur engagement à monter en puissance dans la défense de leur continent, ils se préparent à annoncer une salve de contrats d'armement, dont plusieurs avec les Etats-Unis, selon des diplomates à Bruxelles.
Mais rien ne doit être dévoilé avant cette réunion, a réclamé Mak Rutte, selon un de ces diplomates, avec l'espoir que ces accords sauront satisfaire Donald Trump, attendu avec nervosité par les Européens à Ankara en juillet pour le sommet de l'Alliance.
St.Peters--BVZ