Berliner Volks-Zeitung - Municipales: Édouard Philippe appelle à la "mobilisation" au Havre, la présidentielle en arrière-plan

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Municipales: Édouard Philippe appelle à la "mobilisation" au Havre, la présidentielle en arrière-plan
Municipales: Édouard Philippe appelle à la "mobilisation" au Havre, la présidentielle en arrière-plan / Photo: LOU BENOIST - AFP

Municipales: Édouard Philippe appelle à la "mobilisation" au Havre, la présidentielle en arrière-plan

"Le calme des vieilles troupes". A quatre jours du premier tour des élections municipales, Édouard Philippe a mobilisé ses supporteurs lors d'un meeting au Havre, où l'ancien Premier ministre brigue un nouveau mandat loin d'être acquis mais déterminant dans sa trajectoire vers l'élection présidentielle.

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Devant environ 600 personnes réunies au théâtre Normandy, entouré sur scène de ses 60 colistiers, Édouard Philippe a appelé ses partisans à la "mobilisation" pour "être en tête au premier tour". Au même moment, le député communiste Jean-Paul Lecoq, qui l'avait mis en ballotage en 2020, réunissait ses soutiens salle Franklin.

Maire de la cité portuaire depuis 2010, élu au premier tour en 2014 et au second en 2020, Édouard Philippe a lui-même semblé lier sa trajectoire présidentielle à sa réélection au Havre. Mais il n'en a soufflé mot sur scène mercredi soir, vantant son bilan, égrenant ses propositions et égratignant celles de ses adversaires communiste et du Rassemblement national.

Le président d'Horizons a réservé ses premières flèches au candidat UDR-RN Franck Keller, testé à 18% au premier tour dans un sondage Opinionway qui, pour la première fois, donne le maire sortant battu par M. Lecoq au second tour.

"On voit au fond la tentation du RN", celle pour les électeurs "de faire passer un message, un message national, de mauvaise humeur, de mécontentement". "Mais l'effet de ce message (...) c'est de donner mécaniquement plus de chance au candidat communiste et à ses alliés LFI de gagner", a-t-il lancé.

Car il n'a pas échappé au maire sortant que Jean-Luc Mélenchon était prêt à s'allier avec M. Lecoq, le leader LFI --qui présente une candidate, Charlotte Boulogne, au premier tour-- ayant évoqué cette semaine un "accord programmatique".

"L'attractivité économique, la capacité qu'on a eu à convaincre des entreprises de faire des investissements ici, est-ce que vous pensez qu'elle va être renforcée par une équipe qui fonctionne avec un accord programmatique entre les communistes et LFI ?", a fait mine de s'interroger Edouard Philippe, renvoyant au souvenir de la gestion communiste interrompue en 1995 par son mentor, Antoine Rufenacht.

Édouard Philippe ne s'est-il pas lui-même placé dans une posture délicate en liant sa candidature à l’Élysée à sa réélection dans sa ville ? "J'ai dit la chose la plus évidente du monde", que "si je n'arrivais pas à convaincre les Havrais, il faudrait que j'en tire les conséquences", a-t-il répété à la presse après son discours.

Mais le sondage Opinionway, commandité par l'observatoire "Hexagone", financé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, n'en a pas moins braqué les projecteurs sur la cité portuaire alors que dans la course à l'Élysée, Édouard Philippe a déjà vu sa cote sondagière s'éroder, bien qu'étant toujours en tête parmi les prétendants de la droite et du centre.

- Le PS réplique à LR -

"L'UDR, c'est le cauchemar d'Horizons". "On va se débarrasser du N.1 au Havre et du N.2 à Nice", expliquait récemment une source au sein du parti d'Éric Ciotti, en tête dans les sondages face à Christian Estrosi dans la baie des Anges.

Au RN comme à l'UDR, on garde en travers de la gorge l'appel d'Édouard Philippe à voter pour Jean-Paul Lecoq face au RN lors des législatives de 2024, de même que le retrait du candidat Horizons dans la 4e circonscription de Seine-Maritime où l'Insoumise Alma Dufour a été réélue face au RN.

"Aujourd'hui, il n'y a pas d'opposition au Havre. Il y a une complicité entre Édouard Philippe et Jean-Paul Lecoq", a récemment raillé le candidat RN au Havre Franck Keller.

A quatre jours du vote, candidats et partis tenaient leurs ultimes évènements d'avant-premier tour. Le Parti socialiste a dénoncé dans une conférence de presse "les alliances de la honte" entre le RN et Les Républicains, en miroir à celle, la semaine dernière, du patron de LR Bruno Retailleau brocardant dans les mêmes termes les accords entre le PS et La France insoumise.

Le président LR du Sénat Gérard Larcher a lui estimé que les LR soutenant ou rejoignant des listes RN, UDR ou Reconquête n'avaient "plus leur place" au sein de son mouvement.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure était au meeting du candidat François Briançon à Toulouse où la question de l'alliance avec LFI sera cruciale pour espérer déloger le maire (divers droite) sortant Jean-Luc Moudenc.

La secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier était quant à elle à Lille en soutien de son candidat Stéphane Baly.

La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, a elle appelé mercredi sur Sud Radio les Français à rester concentrés sur les municipales même si l'actualité, avec la guerre en Iran, les "détourne un tout petit peu des urnes".

L.Horn--BVZ