Le chancelier Merz en super VRP de l'Allemagne pour son dernier jour en Chine
Le chancelier Friedrich Merz emmène jeudi dans un des pôles technologiques chinois des dizaines de chefs d'entreprise allemands en quête de contrats, au deuxième jour de sa visite dans un pays débouché mais aussi de plus en plus concurrent du Made in Germany.
Mercredi, le chef du gouvernement allemand a été reçu par le président Xi Jinping avant d'annoncer une commande chinoise allant "jusqu'à 120" appareils de l'avionneur européen Airbus.
Pour sa première visite dans le pays depuis son arrivée au pouvoir en 2025, Friedrich Merz a présenté cet accord comme illustrant le potentiel d'une relation économique apaisée et "juste" avec la Chine, principal partenaire commercial de l'Allemagne.
M. Merz doit trouver le bon équilibre car le géant asiatique et ses entreprises sont de plus en plus perçus par le monde industriel allemand comme de sérieux rivaux.
Après les dirigeants français, canadien ou britannique, le chancelier est le dernier en date à faire le déplacement à Pékin, à un moment où le président américain Donald Trump, lui-même annoncé en Chine fin mars, bouscule l'ordre établi à coups de droits de douane et de remise en question des alliances.
- Intelligence artificielle -
Après avoir visité jeudi matin la Cité interdite, ancienne résidence des empereurs à Pékin, M. Merz a assisté à la présentation de véhicules autonomes du constructeur allemand Mercedes, avant de s'envoler pour Hangzhou (est), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Shanghai.
Cette métropole de 12 millions d'habitants est le siège de nombreux fleurons technologiques chinois, comme la startup DeepSeek, célèbre pour son robot conversationnel, ou le mastodonte Alibaba (commerce en ligne, cloud, logistique), tous deux engagés dans l'intelligence artificielle (IA).
M. Merz doit visiter Unitree Robotics, acteur majeur de la robotique en Chine. Spécialisée dans l'IA dite "matérielle", Unitree fabrique des robots quadrupèdes (à l'apparence de petits chiens), mais aussi humanoïdes, destinés notamment au grand public.
L'ambition de la start-up est de démocratiser l'accès à la robotique avancée en proposant des machines performantes à des prix plus abordables, à l'image de ce que son compatriote DJI a fait pour les drones. Des géants chinois comme Alibaba, Tencent (internet, jeux) et le constructeur automobile Geely comptent parmi ses investisseurs.
M. Merz se rend ensuite chez l'énergéticien allemand Siemens Energy. Il repart jeudi pour Berlin.
Comme ses partenaires de l'Union européenne (UE), l'Allemagne s'alarme de l'arrivée sur le marché du Vieux Continent d'un nombre croissant de véhicules électriques et des excédents de production chinois.
"Nous avons des préoccupations très précises en ce qui concerne notre coopération, que nous souhaitons améliorer et rendre plus juste", a dit M. Merz mercredi.
La première économie européenne pâtit de la pression grandissante de la concurrence chinoise: en Chine même, où l'industrie allemande écoule de longue date sa production, mais aussi ailleurs dans le monde, jusqu'en Allemagne, y compris dans les secteurs de l'automobile et de la haute technologie.
I.Thomas--BVZ