Israël rapatrie le corps de Ran Gvili, son dernier otage à Gaza
Israël a annoncé lundi avoir rapatrié le corps de Ran Gvili, son dernier otage à Gaza, ce qui devrait ouvrir la voie à la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte et à l'avancée du plan de Donald Trump.
"A l'issue de la procédure d'identification menée par le Centre national de médecine légale, des représentants de Tsahal ont informé la famille de l'otage , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé", a indiqué l'armée dans un communiqué.
Le 7 octobre 2023, au cours de l'attaque du Hamas sur le sol israélien ayant déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 déjà mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages par le Hamas et des groupes alliés.
Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.
- Limitée aux piétons -
Ran Gvili, policier tombé au combat en défendant le kibboutz Aloumim, était âgé de 24 ans.
Seule sa dépouille n'avait jusque là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur sous pression américaine le 10 octobre entre Israël et le Hamas.
Ses parents avaient exprimé leur opposition à la poursuite de la mise en oeuvre du plan de Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza tant que les restes de leur fils n'étaient pas revenus.
Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza. La branche armée du Hamas avait auparavant affirmé avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations en (sa) possession" sur l'emplacement du corps du captif.
Le retour de sa dépouille devrait permettre une réouverture du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte, seule porte de sortie du territoire palestinien sans passer par Israël et passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.
Sa réouverture est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait partielle.
Le passage ne sera ouvert que "pour les piétons et soumis à un mécanisme complet d'inspection israélien", a annoncé dans la nuit le bureau de M. Netanyahu.
La réouverture de Rafah devait au départ intervenir dans la première phase du plan Trump, qui a permis l'entrée en vigueur de la trêve.
- "Voyager est un rêve" -
Washington a annoncé mi-janvier le passage à la phase deux de ce plan, malgré le maintien de la fermeture, qu'Israël justifiait par la non remise du corps de Ran Gvili.
Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.
"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée dans l'est de la ville de Gaza pendant la guerre.
"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.
La deuxième étape du plan Trump, endossé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en novembre, prévoit le désarmement du Hamas, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
F.Richter--BVZ