Berliner Volks-Zeitung - Grève des médecins: les syndicats boudent la ministre de la Santé

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Grève des médecins: les syndicats boudent la ministre de la Santé

Grève des médecins: les syndicats boudent la ministre de la Santé

Les syndicats de médecins libéraux en grève depuis lundi ont rejeté la proposition de rendez-vous en marge de leur manifestation parisienne samedi, que leur avait adressée la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

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L'ensemble de l'intersyndicale "a décidé de ne pas se rendre" au rendez-vous proposé vendredi par Stéphanie Rist, "qui ne nous semble pas de nature à modifier le cours des lois votées ou des projets de loi en attente de vote", écrivent les syndicats dans une lettre commune à Mme Rist, diffusée vendredi soir.

"Votre ministère sait depuis longtemps les points bloquants dont vous n'avez pas pu ou su ou voulu empêcher le vote", ont-ils ajouté.

Les syndicats vont continuer "leurs travaux en vue de convaincre les parlementaires, les ministres et surtout les patients de la mauvaise direction impulsée au système de soins, et des moyens de la redresser".

Jérôme Marty, président de l'UFML, l'un des six syndicats représentatifs de médecins libéraux, souhaite qu'un rendez-vous soit organisé prochainement avec le Premier ministre Sébastien Lecornu.

"Au regard de la mobilisation historique de l'ensemble" des organisations de médecins libéraux, "la moindre des choses serait que le Premier ministre parle" avec les représentants des médecins, a-t-il indiqué à l'AFP.

L'ensemble des syndicats représentatifs de médecins libéraux a appelé à la grève du 5 au 15 janvier, un mouvement qui doit aller crescendo avec notamment de nombreuses fermetures de blocs opératoires de cliniques privées lundi, mardi et mercredi.

Les médecins dénoncent de multiples "politiques qui les piétinent", dont un budget de la Sécurité sociale jugé insuffisant, une limitation des prescriptions d'arrêt de travail ou des mesures permettant de contourner les négociations conventionnelles entre la profession et l'Assurance maladie.

La ministre de la Santé a indiqué vendredi sa volonté de "recréer de la confiance" avec les médecins libéraux mais sans s'avancer sur les éléments ouverts à négociation.

Dans son courrier d'invitation à l'intersyndicale, transmis à l'AFP, la ministre promettait simplement d'ouvrir "des travaux pour reprendre et renforcer les discussions conventionnelles".

Selon les derniers chiffres, remontant à mardi, l'activité était en baisse de 19% chez les généralistes libéraux et de 12% chez les spécialistes.

La situation pèse sur les services d'urgence dans les hôpitaux, déjà exposés à une épidémie de grippe à son sommet ainsi qu'aux chutes liées à la neige et au verglas des derniers jours.

Après la manifestation de samedi, environ 2.000 médecins de bloc opératoire - anesthésistes, chirurgiens, obstétriciens - ont annoncé qu'ils embarqueraient dimanche à bord de cars pour Bruxelles pour un exil symbolique de quelques jours.

Les syndicats ont déjà obtenu l'abandon de mesures qui figuraient initialement dans le projet de budget de la Sécurité sociale, comme la surtaxation des dépassements d'honoraires ou l'obligation de consulter ou alimenter le dossier médical personnalisé de leurs patients.

Mais le texte final adopté par le Parlement comporte toujours un dispositif permettant à l'Assurance maladie de fixer unilatéralement dans certains cas les tarifs des actes médicaux.

Les médecins redoutent aussi deux propositions de loi en cours d'examen par le Parlement (Garot et Mouillé), qui tendent à rogner sur la liberté d'installation dont ils bénéficient aujourd'hui pour tenter de les diriger vers les zones les plus dépourvues en praticiens.

O.Beyer--BVZ