Berliner Volks-Zeitung - Moscou rejette le plan européen de déploiement d'une force multinationale en Ukraine

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Moscou rejette le plan européen de déploiement d'une force multinationale en Ukraine
Moscou rejette le plan européen de déploiement d'une force multinationale en Ukraine / Photo: Mykola SYNELNYKOV - AFP

Moscou rejette le plan européen de déploiement d'une force multinationale en Ukraine

La Russie a accusé jeudi Kiev et ses alliés de constituer un "axe de la guerre" par des déclarations "militaristes", après leur accord pour déployer une force multinationale en Ukraine à la fin de la guerre, douchant les espoirs d'un règlement diplomatique du conflit.

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Moscou continue parallèlement de bombarder l'Ukraine, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays : plus d'un million d'habitants du centre de l'Ukraine ont été privés jeudi d'eau et de chauffage, par des températures glaciales, après des frappes nocturnes de drones.

"Les nouvelles déclarations militaristes de la soi-disant Coalition des volontaires et du régime de Kiev font d'eux un véritable +axe de la guerre+", a dénoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Il s'agit de la première réaction de Moscou depuis le sommet sur les garanties de sécurité pour Kiev ayant réuni mardi à Paris les 35 pays membres de la "Coalition des volontaires", essentiellement européens, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Ils se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à la surveillance d'un potentiel cessez-le-feu sous "leadership" américain, une fois conclu un hypothétique accord avec la Russie.

Le Royaume-Uni et la France ont signé à cette occasion une déclaration d'intention avec l'Ukraine, dans laquelle ils se disent prêts à déployer des soldats britanniques et français pour maintenir la paix en cas de cessez-le-feu.

"Toutes ces unités et installations seront considérées comme des cibles militaires légitimes pour les forces armées de la Russie. Ces avertissements ont été répétés à plusieurs reprises au plus haut niveau et restent d'actualité", a déclaré Maria Zakharova.

- Garanties américaines -

La Russie a prévenu à plusieurs reprises que tout déploiement militaire occidental en Ukraine constituait pour elle une ligne rouge.

Les Etats-Unis n'ont pour leur part pas été signataires de la déclaration à Paris et les contours précis de leur engagement militaire restent encore flous.

M. Zelensky a toutefois annoncé jeudi que le document sur les garanties de sécurité offertes par Washington à l'Ukraine était "pratiquement prêt" à être soumis pour approbation à Donald Trump.

La veille, le président ukrainien avait regretté n'avoir "pas reçu de réponse claire" de la part de ses alliés européens sur la manière dont ils réagiraient concrètement en cas de nouvelle attaque russe contre l'Ukraine après la fin de la guerre lancée en 2022.

M. Zelensky a aussi estimé que l'Ukraine devait maintenir pour assurer sa sécurité une armée forte de 800.000 hommes, soit deux fois plus que les armées française et britannique combinées, et "dotée d'armes adéquates".

Sur le terrain, à la suite de nouvelles frappes russes, plus d'un million de foyers de la région de Dnipropetrovsk, dans le centre de l'Ukraine, ont été privés jeudi d'eau et d'électricité, selon les autorités.

- Tentative de "briser l'Ukraine" -

Dans la nuit, le gouverneur de Dnipropetrovsk Vladyslav Gaïvanenko, avait annoncé qu'une "infrastructure critique qui alimentait en électricité la majeure partie de la région" avait été "endommagée" par les frappes russes.

"La guerre de la Russie est dirigée spécifiquement contre notre peuple, contre la vie en Ukraine – une tentative de briser l'Ukraine", a dénoncé M. Zelensky.

Selon le fournisseur d'énergie DTEK, quelque 600.000 foyers étaient toujours privés d'électricité à la mi-journée dans la région de Dnipropetrovsk.

Depuis le dévoilement fin novembre d'un plan de paix proposé par Washington, les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale se sont intensifiés, essentiellement entre Kiev et les Occidentaux.

La Russie continue de son côté d'exiger le retrait des forces ukrainiennes des quelques 20% de la région orientale de Donetsk qu'elles contrôlent encore et un engagement juridiquement contraignant de l'Ukraine de non-adhésion à l'Otan.

Fin décembre, le président russe Vladimir Poutine a assuré que la Russie atteindrait ses objectifs, par la voie diplomatique ou par les armes.

Sur le terrain, les forces russes, plus nombreuses et mieux équipées, continuent leur progression. Jeudi, le ministère russe de la Défense a revendiqué la prise de la localité de Bratské dans le sud de la région de Dnipropetrovsk.

Le site internet de cartographie militaire DeepState, proche de l'armée ukrainienne, a également indiqué mercredi soir que les troupes russes avaient capturé les localités d'Andriïvka dans la région de Soumy (nord-est) et de Novomarkové dans la région orientale de Donetsk.

F.Weber--BVZ