Violences à l'école: près d'un tiers des collégiennes victimes de cyberviolences
Près d'un tiers des collégiennes (30,6%) et un quart des lycéennes (24,9%) déclarent avoir été victimes de cyberviolences, selon une étude de l'Observatoire national des violences faites aux femmes dévoilée jeudi, alors que le gouvernement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Un collégien sur quatre (26,2%) et un lycéen sur cinq (20,4%) indiquent également avoir été victimes de violences en ligne, selon cette étude basée sur des données de la DEPP, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, qui datent de 2021-2022 pour les collèges et de 2022-2023 pour les lycées.
Les violences verbales ou écrites (injures, moqueries, surnoms désagréables) représentent la majorité des cyberviolences subies par les écoliers victimes.
Cette étude est publiée quelques jours après le vote, lundi, à l'Assemblée nationale d'une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le texte, qui doit désormais être examiné par le Sénat, pourrait faire de la France une pionnière en Europe.
L'enquête de l'Observatoire publiée jeudi revient également en détail sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire.
Les violences sexuelles ("baisers" forcés, "caresses" forcées, voyeurisme) touchent 15% des collégiennes et 19% des lycéennes.
"8% des écoliers et écolières déclarent avoir subi des +embrassades+ forcées au moins une fois au cours de l'année scolaire 2020-2021, et 15% avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes", détaille le rapport.
Ces chiffres "justifient, si besoin était, l’urgence" du déploiement des programmes scolaires d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars), estime Roxana Maracineanu, la secrétaire générale de la Mission pour la protection des femmes (Miprof) dont dépend l'Observatoire national.
"Aucune violence à caractère sexiste ou sexuel n’a sa place à l’École", affirme de son côté le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray, dans l'étude.
Selon le premier bilan fourni mercredi par le ministre dans les colonnes du Monde, 66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens avaient déjà bénéficié, au 31 décembre 2025, "d'au moins une séance" d'éducation à la vie affective et relationnelle.
L.Horn--BVZ