Des milliers de Gambiens protestent contre les coupures d'électricité
Des milliers de manifestants ont envahi spontanément les rues des principales villes de Gambie, brûlant des pneus et bloquant des routes, dans la nuit de lundi à mardi pour exprimer leur mécontentement contre le gouvernement après des semaines de coupures d'électricité prolongées.
Depuis le mois de juin, les Gambiens subissent de nombreux délestages électriques qui peuvent durer plusieurs jours en pleine saison chaude dans ce petit pays ouest-africain.
Des habitants exaspérés sont descendus dans les rues de Banjul, la capitale, et des villes environnantes lundi soir pour protester contre ces coupures de courant persistantes, avant que les rassemblements prennent une tournure politique contre le président Adama Barrow.
Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des jeunes bloquer des routes avec des pneus brûlés, des bidons et des déchets, et scander "Barrow doit partir".
Des manifestants qui se dirigeaient vers le siège de la compagnie nationale d'électricité et d'eau (Nawec), dans le quartier de Westfield en banlieue de Banjul, ont été dispersés par la police avec des gaz lacrymogène, selon des médias locaux.
Face à la contestation, le président Barrow a annulé l'inauguration d'une route pour se rendre dans des locaux de la Nawec avant de prendre la parole mardi soir à propos de la crise, a annoncé la présidence.
"Nous avons besoin de chaque Gambien pour pouvoir résoudre ce problème. (...) En le considérant comme un enjeu de sécurité nationale, en le traitant comme une situation d'urgence", a réagi le président lors de cette visite.
"Nous comprenons la frustration, la colère et les difficultés que connaissent de nombreux Gambiens à cause de la situation en matière d'électricité", a réagi mardi matin le ministre de l'Information, Ismaila Ceesay, dans un communiqué.
"Le gouvernement traite cette situation avec tout le sérieux et l'urgence qu'elle mérite", poursuit M. Ceesay.
Ces protestations interviennent à quelques mois de l'élection présidentielle, prévue en décembre, où le président Barrow se présente à un troisième mandat.
Mi-août, la Nawec a déclaré que ces coupures de courant étaient dues à des pics de demande, principalement liés aux températures élevées, combinés à des "contraintes pesant sur les importations d'électricité".
"En conséquence, la Nawec mettra en œuvre un délestage pendant les heures de pointe, principalement entre 20h et 4h du matin, affectant plusieurs régions du pays", indiquait le communiqué daté du 15 août.
P.Koch--BVZ