Berliner Volks-Zeitung - Les Bourses mondiales touchent des sommets après l'emploi américain

Berlin -

DANS LES NOUVELLES

Les Bourses mondiales touchent des sommets après l'emploi américain
Les Bourses mondiales touchent des sommets après l'emploi américain / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP

Les Bourses mondiales touchent des sommets après l'emploi américain

Les marchés boursiers mondiaux ont battu des records vendredi, portés par la perspective d'un statu quo monétaire de Réserve fédérale (Fed) lors de sa prochaine réunion après la publication de chiffres de l'emploi moins bons qu'attendu aux Etats-Unis.

Taille du texte:

Le marché du travail a perdu 23.000 emplois en juillet, selon des données officielles publiées vendredi, alors que les analystes attendaient la création de 83.000 emplois.

Les statistiques mettent aussi en avant une forte révision à la baisse des créations d'emplois en mai et juin (-103.000).

" La Réserve fédérale semblait entièrement tournée vers la lutte contre l'inflation", alimentée par le conflit au Moyen-Orient, explique à l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. "Et voilà qu'elle doit soudain tenir compte de l'autre volet de son mandat: le plein emploi. "

Ces chiffres ne "sont pas bons d'un point de vue économique", mais pour les marchés, "ils sont favorables aux perspectives en matière de taux d'intérêt", résume Patrick O'Hare, analyste chez Briefing.com.

Alors qu'ils anticipaient auparavant une hausse des taux dès septembre de la part de la Fed, les investisseurs tablent désormais sur un statu quo monétaire, l'institution souhaitant potentiellement éviter de freiner davantage l'activité.

Les Bourses, qui privilégient un environnement monétaire accommodant - favorable à la croissance des entreprises et aux investissements - ont donc accueilli ces chiffres avec enthousiasme.

A Wall Street, l'indice élargi S&P 500 (+0,62%) a décroché un nouveau record en clôture, à 7.757,64 points. Le Dow Jones a gagné 0,28% et l'indice Nasdaq a progressé de 1,30%.

En Europe, trois Bourses ont de nouveau touché des sommets: Paris a terminé en hausse de 0,17% à 8.714,93 points, Francfort de 0,69% à 26.319,45 points et Milan de 0,06% à 53.717,19 points.

Londres a gagné 0,31% à 10.901,09 points.

- Détente sur les taux américains -

Les chiffres de l'emploi ont par ailleurs provoqué une détente sur les taux d'emprunt des États.

Le rendement des emprunts de l'Etat américain à échéance dix ans évoluait à 4,65% vers 20H50 GMT contre 4,68% à la clôture la veille. Le deux ans, plus sensible à la conjoncture se détendait à 4,20% contre 4,25%.

En Europe, le "Bund" à dix ans a affiché un rendement de 3,12% contre presque 3,14% la veille. Son équivalent français s'est établi à 3,90% contre 3,93% la veille.

Sur le marché des changes, le billet vert reculait de 0,29% face à la monnaie unique européenne, à 1,1557 dollar pour un euro.

- Le pétrole en petite hausse -

Les Bourses ont semblé faire fi de la hausse des prix de l'or noir vendredi, alors que le marché pétrolier se montre de moins en moins confiant quant à la signature d'un accord au Moyen-Orient pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

Le prix du baril de Brent a gagné 1,29% à 83,55 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 1,15% à 78,18 dollars.

"L'optimisme qui règne sur le marché pétrolier quant à une réouverture du détroit d'Ormuz pourrait s'avérer prématuré", résume Barbara Lambrecht, analyste de Commerzbank.

Les prix de l'or noir avaient en effet chuté en début de semaine, alors que le marché tablait sur la conclusion rapide d'un accord pour rouvrir cette artère cruciale pour le commerce d'hydrocarbures.

Le président américain Donald Trump a d'ailleurs dit jeudi que le passage pourrait rouvrir "bientôt".

Mais "il y a des indications selon lesquelles l'Iran souhaite interdire aux navires américains et israéliens de traverser", expliquent les analystes d'ING.

Un élément qui serait inacceptable pour Washington.

"L'Iran aurait par ailleurs lancé de nouvelles attaques contre des +cibles hostiles+ dans le détroit d'Ormuz", note Barbara Lambrecht.

Et des frappes ont été revendiquées vendredi par des rebelles houthis au Yémen dans une province riche en pétrole, de quoi nourrir la nervosité des investisseurs.

J.Schwarz--BVZ