Berliner Volks-Zeitung - Le pétrole flambe à nouveau, les Bourses européennes dans le rouge

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Le pétrole flambe à nouveau, les Bourses européennes dans le rouge

Le pétrole flambe à nouveau, les Bourses européennes dans le rouge

Les Bourses européennes essuient de nettes pertes vendredi, focalisées sur des cours du pétrole toujours plus haut qui chahutent les marchés mondiaux depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

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Vers 12H00 GMT, Paris cédait 1,21%, Francfort 1,01% et Londres était stable 0,70%. Vendredi matin, elles avaient toutes ouvert dans le vert.

A Wall Street, les contrats à termes des trois principaux indices laissent présager une ouverture en baisse.

Depuis près d'une semaine, les investisseurs ont les yeux rivés sur le Moyen-Orient, où la guerre entre l'Iran d'un côté et Israël et les Etats-Unis de l'autre menace de gripper les approvisionnements en pétrole à l'échelle mondiale. Par le détroit d'Ormuz, au centre du conflit, transite quelque 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL).

Or les cours du pétrole sont en hausse vendredi et atteignent des sommets inédits depuis un an et demi.

Vers 11H10 GMT (12H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 3,38% à 88,30 dollars, au plus haut depuis plus d'un an et demi.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 4,81% à 84,91 dollars.

Ces hausses ont cours en dépit des options examinées par l'administration américaine pour tenter d'endiguer la flambée des prix de l'énergie.

Le secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, a par exemple déclaré jeudi que Washington envisageait un prélèvement dans les réserves d'urgence voire une intervention directe sur le marché, selon Bloomberg.

Autre initiative américaine: Washington a autorisé pour un mois la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, gros consommateur, afin de limiter les tensions sur l'offre mondiale de brut.

"Chaque jour qui passe sans reprise des flux conduit le marché pétrolier à réévaluer à la hausse le volume d'offre perdu", expliquent les analystes d'ING.

"Si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l'activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient", prévient Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.

Les investisseurs redoutent un regain d'inflation, particulièrement en Europe où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, rappelant la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022.

"Pour les marchés, la question reste entière: s'agit-il d’un simple choc temporaire ou du début d'un nouveau cycle de tensions durables sur l'énergie?", résume John Plassard responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

- Dollar en hausse -

Les craintes concernant le marché de l'énergie ont récemment poussé "les rendements obligataires à la hausse", note John Plassard.

"Conséquence directe: les anticipations de baisse de taux de la Réserve fédérale continuent de se réduire, les investisseurs n'envisageant désormais qu’un nombre très limité d'assouplissements cette année", explique l'analyste.

A 12H00 GMT, le taux d'emprunt à 10 ans des Etats-Unis était à 4,17%, contre 4,14% la veille. Avant le début de la guerre, vendredi dernier, le même taux était à 3,94%. Du côté de l'Europe, le rendement de l'emprunt allemand à 10 ans, référence sur le continent européen, se situait à 2,86%, contre 2,84% la veille.

Ce contexte d'incertitude pousse toutefois les investisseurs à réduire "leur exposition au risque" et privilégier "les actifs considérés comme plus sûrs", ajoute l'analyste, citant l'or et le dollar comme valeurs refuges.

Après quelques heures de détente entre jeudi et vendredi, le billet vert repartait de plus belle: vers 12H00 GMT, le dollar prenait 0,36%, à 1,1567 dollar pour un euro.

- Emploi américain -

"Dans ce contexte encore fragile, l'attention des marchés se tournera aujourd'hui (vendredi) vers la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain", note John Plassard, pour qui ce "dernier indicateur majeur" avant la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait "au moins temporairement, calmer la nervosité ambiante".

Le chiffre est attendu à 13H30 GMT.

B.Lenz--BVZ