Le taux du Livret A va baisser au 1er février
Le taux du Livret A devrait descendre à 1,5% à compter du mois prochain, a annoncé jeudi le gouverneur de la Banque de France, conséquence logique du ralentissement de l'inflation.
Aujourd'hui à 1,7%, le rendement de ce produit d'épargne très populaire - 57 millions de Français détiennent un Livret A - est calculé chaque semestre par la Banque de France.
Charge désormais au ministre de l'Economie Roland Lescure d'avaliser cette proposition.
Ce dernier a déjà prévenu jeudi au micro de France Inter que le taux du livret A allait "baisser légèrement" mais resterait "significativement supérieur" à l'inflation, mesurée à 0,8% en décembre par l'Insee.
Le calcul de ce taux, référence du marché de l'épargne en France, prend en compte d'une part un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d'autre part l'inflation hors tabac du deuxième semestre 2025.
C'est cette deuxième composante qui plombe le taux du Livret A car la hausse des prix a considérablement ralenti en France, au bénéfice du pouvoir d'achat des Français.
C'est par ailleurs l'argument du pouvoir d'achat qui a prévalu pour décider le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau à "limiter la baisse" du taux en le proposant à 1,5%, alors que la formule de calcul donnait 1,4%.
Le gouverneur dispose en effet d'un pouvoir de dérogation à la règle de calcul s'il le juge nécessaire.
Ce pouvoir, exercé de concert avec le locataire de Bercy, avait d'ailleurs été mis en œuvre entre août 2023 et janvier 2025, cette fois-ci au détriment des épargnants: le taux du Livret A avait été pendant 18 mois inférieur à ce qu'il aurait dû être si la formule avait strictement été appliquée.
- Objectif LEP -
Ce "coup de pouce" bienvenu est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du petit livret rouge, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), divisé par deux en à peine un an.
Il avait en effet commencé 2025 à 3%, avant d'être ramené à 2,4% puis à 1,7% au cours de l'année dernière.
La baisse du rendement du Livret A, même légèrement amortie, permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d'emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher.
C'est aussi une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l'épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles.
Les assureurs se réjouiront aussi de voir leurs assurances vie encore plus compétitives face au Livret A.
Les contrats d'assurance vie, dont les taux sont stables ou orientés à la hausse depuis le début d'année 2026, font le plein au détriment du Livret A, que les Français boudent depuis plusieurs trimestres.
La Banque de France a comme à l'habitude mis l'accent sur le Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d'un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A.
Décidé à "soutenir résolument l'épargne populaire", le gouverneur de la Banque de France envisage de passer le taux du LEP de 2,7% aujourd'hui à 2,5% le 1er février.
M. Villeroy de Galhau a souligné mercredi lors d'une audition par les sénateurs de la commission des Finances que le LEP était "le vrai produit, le plus avantageux, d'épargne populaire".
M. Lescure a de son côté insisté sur ce livret jeudi au micro de France Inter et sur l'attractivité de son taux, qu'il souhaite maintenir significativement au-dessus du taux de celui du Livret A.
Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine à trouver son public.
Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles, en dépit des efforts de la Banque de France.
M.Voigt--BVZ