Berliner Volks-Zeitung - Audiovisuel: l'heure de la publication du rapport Alloncle, nouveaux litiges en vue

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Audiovisuel: l'heure de la publication du rapport Alloncle, nouveaux litiges en vue
Audiovisuel: l'heure de la publication du rapport Alloncle, nouveaux litiges en vue / Photo: GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP/Archives

Audiovisuel: l'heure de la publication du rapport Alloncle, nouveaux litiges en vue

Ce sont près de 400 pages d'un rapport pour "sauver l'audiovisuel public" selon son auteur, le député Charles Alloncle, ou qui vise sa "destruction", selon ses contempteurs. La publication des travaux de l'élu ciottiste, dont le parti est allié au RN, est attendue lundi soir ou mardi matin.

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Au bout de six mois sous haute tension, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur "la neutralité" et "le financement de l'audiovisuel public" a adopté de justesse ce rapport polémique il y a une semaine, par 12 voix contre 10, et huit abstentions.

Le président de cette commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), s'est prononcé pour, afin que le document soit rendu public et que "les Français puissent juger des méthodes de l'extrême droite".

Pour sa part, Charles Alloncle (UDR), qui redoutait une "censure", s'est félicité que soit assurée une "transparence sur l'utilisation de l'argent des Français".

La publication du rapport pourrait être décalé de lundi soir à mardi matin, a-t-il indiqué à l'AFP, précisant ne pas être décisionnaire du moment de parution.

La commission d'enquête avait été créée fin octobre par le groupe d'Eric Ciotti dans la foulée de l'affaire Legrand-Cohen, deux journalistes du service public accusés de connivence avec le Parti socialiste après la diffusion d'une vidéo.

Nombre des quelque 80 recommandations du rapport Alloncle ont fuité. Elles soumettraient France Télévisions à une cure d'austérité.

Le député préconise par exemple de supprimer la chaîne France 4 et France TV Slash, dédiées aux publics jeunes, pour "redéployer les moyens" sur une nouvelle offre diffusée sur France.tv et les réseaux sociaux.

France 2 et France 5 seraient fusionnées au profit d'une "grande chaîne généraliste", tandis que franceinfo et France 24 seraient aussi refondues en une seule entité. Côté radio, il suggère de supprimer le Mouv', l'antenne de Radio France dédiée au hip hop.

- Enjeu pour 2027 -

L'ensemble des mesures d'économies se chiffre à plus d'un milliard d'euros, soit un quart des crédits alloués par l'État à l'audiovisuel public. La somme serait affectée à "l'entretien du patrimoine" de l'État et au désendettement du pays.

Parmi ses autres mesures, M. Alloncle propose de soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité, et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l'Elysée. Un "retour à l'ORTF", critique un député du bloc central.

Charles Alloncle espère que les présidentes de France Télévisions et Radio France "se diront qu'il y a un certain nombre de recommandations" à appliquer.

Sa "seule victoire" serait que, "demain, l'audiovisuel public se porte mieux et que, dans un an, notamment lors de la campagne de 2027, on se dise qu'il n'y a pas besoin de privatiser" ces entreprises, a-t-il lancé depuis le plateau de Cyril Hanouna sur W9, au soir du vote.

Il n'a pas mis cette option d'une privatisation dans son rapport, qu'il a présenté à la cheffe des députés du parti d'extrême droite, Marine Le Pen.

"Demain, à la tête du pays, nous engagerons la privatisation de l'audiovisuel public", a de son côté soutenu le président du RN, Jordan Bardella, à BFMTV.

Le Rassemblement national, qui porte cette idée depuis plusieurs années, a lancé une pétition "pour soutenir l'ouverture d'un débat national".

A l'opposé, les socialistes dénoncent dans le rapport Alloncle une série de "mensonges" et de "partis pris", quand les Insoumis pointent un "pamphlet idéologique".

Outre les mesures avancées, le ton employé par l'élu UDR fait bondir à gauche et au-delà, comme durant les auditions agitées de la commission.

Le rapport comporte "un certain nombre d'outrances, d'attaques personnelles", selon Erwan Balanant (MoDem).

"Des personnes pourraient porter plainte pour diffamation", relève la socialiste Ayda Hadizadeh, mais Charles Alloncle est couvert par l'irresponsabilité parlementaire et ne pourrait être condamné.

Plusieurs groupes politiques vont joindre leurs propres contributions au rapport. Les écologistes y taclent Charles Alloncle, qui devrait selon eux s'appliquer à lui-même "le principe de neutralité qu'il revendique".

Les élus MoDem ont prévu un prochain "contre-rapport".

De son côté, le gouvernement assure ne pas demeurer dans "le statu quo", après la suspension du projet de holding commune pour l'audiovisuel public que portait Rachida Dati quand elle était ministre de la Culture.

Catherine Pégard, qui lui succède rue de Valois, reçoit lundi les patronnes de France Télévisions et Radio France. Elle a déclaré dimanche au Figaro vouloir une "accélération" des réformes de l'audiovisuel public tout en conservant une "grande ambition".

E.Albrecht--BVZ