Berliner Volks-Zeitung - Colère des lycéens: le gouvernement joue l'apaisement avant une nouvelle journée de mobilisation jeudi

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Colère des lycéens: le gouvernement joue l'apaisement avant une nouvelle journée de mobilisation jeudi
Colère des lycéens: le gouvernement joue l'apaisement avant une nouvelle journée de mobilisation jeudi / Photo: Philippe LOPEZ - AFP

Colère des lycéens: le gouvernement joue l'apaisement avant une nouvelle journée de mobilisation jeudi

Appel au "dialogue" avec les lycéens et suspension d'une grenade utilisée par les forces de l'ordre: entre deux journées de mobilisation, le gouvernement multiplie mercredi les signes d'apaisement à l'attention de jeunes qui, pour certains, ont repris le chemin des cours mais pour d'autres continuent les blocages.

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"La parole lycéenne est précieuse et doit être entendue", a affirmé sur X Sébastien Lecornu, en appelant les élèves à s'exprimer au sein de leurs établissements et sur la plateforme mise en ligne lundi soir par le gouvernement pour recueillir leurs doléances.

Le Premier ministre doit prendre la parole en soirée pour évoquer ce sujet. Il avait appelé mardi à l'organisation de demi-journées "banalisées", sans cours, dans les lycées pour permettre aux élèves et personnels de faire remonter leurs difficultés.

Dans un autre geste d'apaisement après plus d'une semaine de tensions devant les lycées et dans les rues, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l'usage des grenades assourdissantes après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens.

Il a précisé sur RTL l'ouverture de 18 enquêtes de la police des polices. En tout 215 élèves et 85 personnels de l'Education ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.

- "Noyer le poisson" -

Les demi-journées de cours banalisées sont toutefois, aux yeux de Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne invité de franceinfo, une "tentative de museler le débat, de noyer le poisson et de gagner du temps".

Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN-UNSA, refuse de mettre en place cette journée banalisée d'échanges annoncée par le gouvernement. "Je crois que, pour sortir de cette crise, il faudra autre chose que de simples temps de concertation", a réagi Nicolas Bonnet, son secrétaire national sur franceinfo.

Il exige d'être reçu, avec des élèves, par le président de la République, qui a fait un point mardi soir avec plusieurs ministres.

Après la journée de mobilisation nationale qui a rassemblé mardi entre 266.000 à 450.000 manifestants mardi, sans incidents majeurs, les cours ont repris dans la grande majorité des lycées français mais plus de 500 établissements restent fermés mercredi.

Selon des chiffres provisoires du ministère de l'Education, 86 % des établissements ont ouvert leurs portes mercredi matin. Les cours sont en revanche totalement ou partiellement suspendus dans 528 lycées, soit une baisse de 41 % par rapport à mardi, journée de mobilisation nationale des lycéens.

A Paris, plusieurs établissements restent bloqués par des lycéens, comme à Hélène Boucher ou Voltaire où des poubelles bloquent à nouveau l'accès aux portes. Sciences Po Paris est également bloquée depuis mercredi matin avec un face à face entre les étudiants et les forces de l'ordre.

"La manifestation de (mardi) nous a boostés. La lutte continue. On va finir par être écoutés", témoigne Léa, devant les grilles du lycée Ozenne à Toulouse.

- Le sujet Parcoursup -

A Lyon, entre 200 à 300 lycéens sont réunis devant le lycée Ampère-Diderot, dont l’entrée est bloquée par des poubelles et des barrières métalliques enchevêtrées. "Si on s'arrête maintenant, le gouvernement va penser que la répression policière a marché pour faire taire les lycéens", estime Anna, élève de terminale.

Dès mardi, les différents syndicats ont appelé à la poursuite de la mobilisation "après le raz-de-marée du 6 octobre". "Dès demain, nous appelons encore à la mobilisation générale", a appelé Ryad Rani pour l'Union syndicale lycéenne.

Parmi leurs revendications, les lycéens demandent la suppression de Parcoursup.

"J'entends quelques politiques, plutôt des extrêmes d'ailleurs, qui proposent de supprimer Parcoursup. Je pense qu'en disant ça, ils prennent vraiment les lycéens pour des truffes", a affirmé le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, sur BFM. "Cette question est d'une immense démagogie".

Un autre front s'est ouvert pour l'exécutif, l'enseignement supérieur, dont 40% des établissements étaient perturbés mardi, selon le ministère. Titulaire du portefeuille, Philippe Baptiste doit recevoir mercredi les organisations professionnelles puis étudiantes.

"On ne va rien arrêter", a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante. Sur les campus, la suite s'organisera à l'assemblée générale: "certains vont voter la reconduction ou pas des blocages", selon elle.

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V.Kern--BVZ