Rubio arrive en Equateur, allié de Washington dans la lutte anti-drogue
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est arrivé mercredi en Equateur, proche allié de Washington dans la lutte contre les cartels de drogue qui ont transformé le pays en l'un des plus violents d'Amérique latine.
Le chef de la diplomatie américaine a atterri à Quito dans le cadre d'une tournée destinée à consolider les alliances avec les dirigeants conservateurs de Colombie, d'Equateur et du Pérou, et à conforter l'influence des Etats-Unis en Amérique latine.
Marco Rubio devrait aborder le durcissement des règles d'extradition pour les trafiquants de drogue, les opérations militaires contre les cartels et des investissements d'entreprises technologiques américaine comme Google, Palantir et SpaceX.
Il sera reçu par le président équatorien Daniel Noboa, qui tente de combattre les puissants groupes criminels opérant dans ce pays clé pour le trafic de cocaïne à destination des Etats-Unis, de l'Europe et de l'Asie.
Dans une tribune publiée avant son arrivée, M. Rubio a souligné l'ampleur du défi auquel est confronté le dirigeant. "Le président Noboa affronte des organisations criminelles qui opéraient auparavant comme si elles étaient intouchables. Mais elles ne le sont pas", a-t-il affirmé.
Sa visite survient alors que les deux pays mènent des opérations militaires conjointes contre des bateaux de pêche accusés d'être au service des narcotrafiquants dans le Pacifique équatorien.
Les militaires ont coulé six embarcations en deux semaines, la dernière datant de mardi, suscitant des critiques de la part des défenseurs des droits humains.
Le ministre équatorien de l'Intérieur, John Reimberg, a défendu mardi ces opérations. "Nous n'attaquons pas les pêcheurs ni les citoyens honnêtes : nous attaquons la logistique du narcotrafic", a-t-il écrit sur X.
Il y a un an, le gouvernement américain a modifié sa stratégie antidrogue, intégrant des frappes aériennes contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes et dans le Pacifique oriental. Selon les chiffres du département de la Défense américain, ces frappes ont tué plus de 200 personnes.
Washington a également désigné l'an dernier plusieurs des principaux gangs d'Equateur comme "organisations terroristes étrangères", élargissant les outils juridiques à sa disposition et ouvrant la voie à une plus étroite coopération militaire et du renseignement.
La guerre contre le crime organisé menée par M. Noboa n'a pas réussi à faire diminuer la violence en Equateur, d'où part la cocaïne produite dans les pays voisins, la Colombie et le Pérou.
L'an dernier, le pays a enregistré le taux d'homicides du pays le plus élevé d'Amérique du Sud: 51 pour 100.000 habitants.
- Ambitions régionales -
La tournée du plus haut diplomate américain en Colombie, en Equateur et au Pérou s'inscrit dans le sillage d'une vague conservatrice en Amérique latine ayant porté au sommet du pouvoir des hommes politiques de droite proches de Donald Trump.
Lors d'une visite en Colombie mardi, M. Rubio a promis au nouveau dirigeant de droite dure Abelardo de la Espriella de resserrer les liens avec Bogota, après quatre années de gouvernement de gauche.
Il a indiqué que des discussions étaient en cours pour aider la Colombie "en termes d'équipements, de renseignement et de formations spécialisées" mais que Bogota n'avait pas demandé l'envoi de troupes au sol.
Depuis son entrée en fonction début août, M. de la Espriella a renforcé la coopération militaire avec Washington et intensifié les opérations contre les groupes armés du pays impliqués dans le trafic de drogue.
Washington ne cache pas son intention de contrer l'influence de la Chine, de la Russie et de l'Iran en Amérique latine, une priorité définie dans la stratégie de sécurité nationale.
Après l'Equateur, le chef de la diplomatie est attendu jeudi au Pérou, dirigé depuis juillet par la présidente conservatrice Keiko Fujimori.
Ce pays est le dernier en date à rejoindre le "Bouclier des Amériques", coalition de pays dirigée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue et la criminalité organisée dans la région.
"Nous synchronisons nos efforts pour protéger notre hémisphère des menaces transnationales et régionales", s'est félicité Marco Rubio.
L.Horn--BVZ