Très ému au tribunal, le prince Harry accuse les tabloïds d'avoir rendu la vie de Meghan "infernale"
Au bord des larmes, le prince Harry a accusé mercredi les tabloïds d'avoir rendu "infernale" la vie de son épouse Meghan, à la fin de son témoignage dans son procès contre le propriétaire du Daily Mail devant la Haute Cour de Londres.
Le fils cadet du roi Charles III a passé environ deux heures et demie à la barre, à répondre aux questions de l'avocat d'Associated Newspapers Limited (ANL), éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday.
Il accuse ces tabloïds d'avoir obtenu des informations sur sa vie privée de façon illégale.
A la fin de son témoignage, quand son avocat lui a demandé comment il se sentait dans ce combat judiciaire, il est apparu très ému, au bord des larmes.
"Ils continuent de s'en prendre à moi, ils ont rendu la vie de ma femme absolument infernale", a poursuivi le prince de 41 ans, qui vit en Californie avec Meghan et leurs deux enfants.
"Devoir rester assis ici et revivre tout cela, et les entendre prétendre, pour leur propre défense, que je n'ai aucun droit à la vie privée, est révoltant", a encore déclaré Harry.
Avec six autres personnalités, dont le chanteur Elton John et son époux David Furnish, ainsi que les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost, le prince accuse ANL d'avoir, en recourant à des détectives privés, intercepté des messages vocaux, écouté des conversations téléphoniques et obtenu de manière illégale des informations à caractère privé, entre 1993 et 2018.
Harry, qui s'est mis en retrait de la famille royale en 2020 après un départ fracassant du Royaume-Uni, a assisté aux deux premiers jours du procès devant la Haute Cour de Londres, lundi et mardi.
Il mène depuis plusieurs années une bataille contre la puissante presse à scandale britannique.
- "Cupidité" -
Il avait déjà témoigné lors d'un précédent procès, en 2023 contre MGN, l'éditeur du Daily Mirror. Il était alors devenu le premier membre de la famille royale à déposer à la barre en plus de cent ans.
Dans sa déposition écrite rendue publique mercredi, il est revenu sur son rapport à la presse depuis son enfance.
"Depuis le décès de ma mère en 1997, alors que j'avais 12 ans, et le traitement que lui a réservé la presse, j'ai toujours entretenu des relations difficiles" avec les médias, a-t-il confié.
Il a aussi expliqué que longtemps, en tant que membre de la famille royale, il s'était tenu à la politique de cette "institution": "ne jamais se plaindre, ne jamais s'expliquer".
Mais lorsque Meghan, qui allait devenir son épouse, a été victime "d'attaques vicieuses et persistantes", ou d'articles "parfois racistes", il a "commencé à être de plus en plus troublé par l'approche consistant à ne pas prendre de mesures contre la presse".
Harry poursuit ANL pour 14 articles publiés entre 2001 et 2013.
Interrogé sur un article de 2004 à propos de son voyage en Afrique du Sud avec sa petite amie d'alors, il a affirmé que les journalistes étaient "partout". C'était du "harcèlement pur et simple et une surveillance constante".
Leurs intrusions étaient "terrifiantes pour moi parce que je ne pouvais rien faire pour les arrêter", a-t-il également dit.
Le prince a expliqué être "déterminé à demander des comptes" à ANL "dans l'intérêt général". "Il ne s'agit pas seulement de moi", a-t-il poursuivi. Cela concerne aussi "les milliers de personnes dont la vie a été bouleversée à cause de la cupidité" des tabloïds, a-t-il ajouté.
Ce procès devrait durer neuf semaines.
En 2023, il avait obtenu la condamnation de l'éditeur du Daily Mirror pour des articles issus du piratage de messageries téléphoniques et reçu des dommages et intérêts à hauteur de 140.600 livres sterling (162.290 euros).
Il y a un an, il avait obtenu un dédommagement - dont le montant n'a pas été révélé - ainsi que des excuses du propriétaire du Sun. Cet accord avec le groupe News Group Newspapers (NGN) de Rupert Murdoch avait permis d'éviter un procès de plusieurs semaines.
A.G.Meier--BVZ